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 Procès du 1er juillet 2011 [Narration]

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Posté le Mar 28 Juin - 18:52, vous pouvez
Procès du 1er juillet 2011
[Partie Narration]


Prélude.


« La vengeance est un plat qui se mange froid »


Une journée, banale en somme, comme tant d’autres. Un temps nuageux et gris, et un vent froid du Nord balayant tout sur son passage, refroidissant l’atmosphère. En avril, ne te découvre pas d’un fil comme le dit le dicton. Aussi aperçoit-on les passants portant leur manteau chaud d’hiver, les plus courageux l’auront troqué contre un imper. Comment se douter au réveil que la journée risque de changer le cours des choses ?

Il fulminait d’impatience. L’envie de meurtre, le goût de la vengeance. Il attendait depuis si longtemps ce moment, celui où il pourrait enfin y avoir justice. Sa justice, la sienne, celle des autres, il n’en avait rien à foutre. Après tout n’était-il pas ministre ? N’avait-il pas le pouvoir de tout mettre de son côté sans que personne n’aperçoive la supercherie ? Il ferait en sorte que les choses se déroulent à sa manière. Il avait minutieusement scellé le destin de ses deux victimes. Elles lui avaient bien pourri la vie. Trop bien même. Le lycan, il avait réussi à le torturer, il était certain qu’il faisait partie de la résistance. Il finirait par l’avoir, il avait été con de le laisser filer entre ses doigts, la deuxième fois, il s’amuserait à le faire sombrer, l’écrasant comme une mouche à merde. Et l’autre fille, humaine, qu’il cherchait à pincer en vain. Elle aussi finirait entre ses doigts, et il aurait le pouvoir d’en faire ce qu’il voudrait. Comme au poker, il suffisait d’avoir les bonnes cartes dans sa manche. Aleksanteri avait amplement les moyens de faire tomber tous les petits pantins qui formaient le peuple de Réversa.

Chaque individu demeure corruptible. Qui n’a jamais rêvé de voir sa piètre existence acquérir en gloire et en importance ? Ne plus pouvoir travailler et vivre dans le luxe sans se préoccuper de ses besoins et privilégier ses envies ? S’acheter ce que l’on souhaite, à n’importe quel prix, parce qu’on le veut ? Forcément, lorsque l’occasion se présente de gagner, trois, quatre, voire dix fois son salaire annuel, certaines personnes seraient capables de tout pour de l’argent. Meurtre, fraude, trafic, vente illicite, accusation mensongère... Sans scrupules, sans pitié, sans une once d’humanité. Tout n’est qu’appât du gain et ambition.

L’être humain est un égoïste. Même pour les autres créatures de Réversa, elle prime sur les autres caractères. On veut sauver sa peau avant celle des autres. Aleksanteri l’avait bien compris. La moralité, on pouvait pisser dessus lorsqu’il s’agissait de suivre ses propres intérêts. La peur aussi fonctionnait bien dans ce genre de cas. Il avait les moyens de détruire les vies de beaucoup de personnes, juste pour montrer sa puissance. Et puis, gros avantage, il pourrait facilement faire des économies. C’est bien de payer pour l’ambition des gens, mais plus il y en a, plus le porte-monnaie se vide. Corrompre c’est bien, faire du chantage c’est mieux.

Il fallait faire les choses bien. Préparer le terrain avec des pièces à conviction qui accuserait forcément les deux victimes, qu’avait choisi el padre Palinski. Il n’avait pas l’intention de se laisser rouler dans la farine comme la dernière. Pour commencer, il devait porter plainte, rien que pour leur pourrir la vie. La dernière fois qu’il avait écrire, une lettre, c’était il y a bien longtemps. Trop longtemps même. Les femmes devaient bien servir à quelque chose, par exemple à rédiger les lettres du patron. Une secrétaire sert à ça non ? Aujourd’hui, la tâche s’avérait différente, il ne fallait aucune faille dans son plan. Aucune.


    Aleksanteri Opalinski
    18, Black Alley
    Réversa
    Réversa, le 10 avril 2011

    Procureur de la République
    Tribunal de Justice
    Réversa


    Madame, Monsieur le Procureur,


    J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur les faits suivants. Le 3 février 2011, lors des évènements se déroulant à Wilde’s Avenue, aux alentours de 18 heures, ma secrétaire travaillait habituellement dans la pièce annexe de mon bureau, au troisième étage de la mairie de Réversa. N’ayant pas tout à fait terminé son service, qu’elle s’apprêtait à quitter aux alentours de 17h30, elle fut brusquement attaquée par derrière à l’aide d’une matraque comme pourra l’attester l’autopsie de la police. Inconsciente, on lui injecta une dose mortelle de cyanure, qui provoqua rapidement sa mort. Ma secrétaire hors d’atteinte, on s’introduit dans mon bureau en forçant la serrure puis on contourna mon mot de passe. Mes documents furent falsifiés, et modifiés, et mon disque dur réduit en cendres. Un technicien de surface affirme avoir aperçu une jeune femme ainsi que son acolyte se diriger en direction de mon bureau et s’enfuir ensuite par la fenêtre.

    En conséquence, je porte plainte contre Eryn Mc Graw, âgée de 25 ans, de race humaine, née le 14 mars 1986 pour l’assassinat d’un de mes employés, entrée par effraction dans la mairie et dans mon bureau, destruction de biens matériels et falsification de données ainsi accusation d’agir contre l’état en appartenant à un réseau illégal qui se nomme résistance, commettant des attentats et autres manifestations dangereuses pour l’ordre public, et toutes autres qualifications qui pourraient se révéler utiles.

    J’attire également votre attention sur les faits suivants. Le 3 février 2011, lors des évènements se déroulant à Wilde’s Avenue, un de mes hommes, Yvon Enbavé a reçu plusieurs coups de poings à certains niveaux, dont le crâne, les bras, les jambes et la région plus bas, l’abdomen, très sensible pour la gente masculine. Pour finir, une chute brutale sur le bitume a entraîné une hémorragie cérébrale et l’a tué sur le coup, pendant qu’il exerçait l’activité de ses fonctions, à savoir rétablir l’ordre dans Wilde’s Avenue.

    En conséquence, je porte plainte contre Hélias de Herrería, âgé de 39 ans, de race lycane, né le 29 juillet 1971 pour homicide volontaire d’un de mes employés, ainsi qu’accusation d’agir contre l’état en appartenant à un réseau illégal qui se nomme résistance, commettant des attentats et autres manifestations dangereuses pour l’ordre public, et toutes autres qualifications qui pourraient se révéler utiles.

    Vous remerciant de bien vouloir m’informer des suites que vous donnerez à cette affaire, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Procureur, l’expression de mes salutations distinguées.


    Aleksanteri Opalinski, ministre de la justice.



Il mit la lettre dans une enveloppe et l’envoya au procureur, certain d’avoir une réponse favorable à sa requête. Au pire, il corromprait le procureur de la République, c’était dans ses cordes !

----------------------------------------

En mai fais ce qu’il te plait. Sa demande avait été prise en compte. Un procès allait avoir lieu, le temps que le président chargé de l’affaire ainsi que les avocats et le Procureur puissent étudier le dossier, et de réunir les pièces nécessaires dont ils auraient besoin. En attendant, le ministre de la justice avait trouvé des preuves. Des traces d’ADN de monsieur de Herrería retrouvé sur la veste d’Yvon Enbavé, suffisait à le suspecter et l’accuser d’avoir commis le meurtre. Les rapports d’autopsie montraient des traces de coups, les deux hommes s’étaient battus ce jour là. Conclusion trop hâtive de monsieur Opalinski, Hélias l’avait tué. Mort par coups et blessures, tout l’inculpait. D’autres personnes étaient mortes ce jour là, le seul qui préoccupait Aleksanteri, c’était ce milicien, pas de récompenses, un ange comme un autre, un soldat identique aux autres, quelconque. La haine d’Opalinski le rendait plus intéressant puisqu’il avait trouvé son bouc émissaire et qu’il allait le faire sombrer. On l'avait empêché de régler ses petites affaires en paix dans sa salle de torture ? Sullivan et Pen’malak allaient regretter d’avoir sorti de Herrería de la salle de torture. Parce que là, la peine pouvait s’élever à dix voire vingt ans de prison. Grosso modo, la vie des deux accusés était foutue.

Hélias de Herrería avait disparu de la circulation. Envolé, enfui. Sa justice ne fonctionnant qu’à Réversa pour le moment, il restait impuissant. Pas moyen de savoir où le fugitif avait filé. Merde. Il détestait les échecs. Il devenait plus violent encore, ne pouvait s’en empêcher. Mc Graw trainait encore dans le coin, il aurait toujours moyen de la faire couler à sa manière. Empoisonnement et résistance, sans oublier tous les documents falsifiés ! Et il semblerait qu’il ait trouvé ses empreintes digitales sur les documents, ce qui la vise directement. Merci l’équipe de la police scientifique qu’Aleksanteri a grassement payée pour son travail. Pendant que certains auront enfin les moyens de se payer un yacht, deux innocents croupiront en prison. Elle n’est pas belle la vie ?

Sa défense avait l’air plutôt bien préparée. Les preuves étaient trop tangibles pour qu’il puisse se permettre de porter des accusations sans un petit peu d’aide derrière. Il s’était procuré la liste des jurés, il les avait reconnus et corrompus jusqu’à la moelle. Pour le fun, il s’était constitué partie civile, réclamant des indemnités via les familles des victimes. De quoi ruiner en plus de condamner les accusés. N’était-ce pas merveilleux ? Tant de possibilités, tant de pouvoir dans les mains, qu’il pouvait manier à sa guise pour détruire les autres, juste pour assouvir sa vengeance…


Dernière édition par Morgane Pen'malak le Dim 24 Juil - 14:08, édité 1 fois
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Posté le Sam 2 Juil - 0:19, vous pouvez
Chapitre 1

10 heures. Tribunal de justice de Réversa. Il avait tant attendu pour que ce jour arrive, tant espéré que le temps s’accélère pour qu’il puisse enfin se venger. Enfin, il va pouvoir trainer les accusés dans la boue, les faire payer cher. Les jurés étaient presque tous corrompus, il connaissait déjà le verdict du procès, quel que soit le déroulement de celui-ci. Il était particulièrement satisfait de ce qu’il avait fait, vraiment. C’était fascinant tout ce qu’il était possible d’entreprendre avec de l’argent, même lui s’en étonnait parfois. Fausse modestie évidemment.

Arrivée dans le bâtiment où il ne passait pas souvent à vrai dire. Etrange pour un ministre de la justice. Pas la personne qui se souciera des jurés et autres membres du tribunal. Il n’allait pas les voir par simple courtoisie, uniquement lorsqu’il avait besoin d’eux pour une affaire. Sa secrétaire se chargeait de passer la plupart du temps, lui n’avait pas que ça à faire, Aleksanteri était suffisamment occupé à la mairie, et puis marcher jusque là-bas c’était terriblement fatiguant.

Sûr de lui, même pas stressé, ni angoissé. Rien, il était parfaitement calme et serein, tout allait aller comme sur des roulettes. Normal, c’était lui qui avait tout organisé pour que cela fonctionne correctement. La salle était un peu ancienne, avec de grands panneaux de bois vernis. Elle dégageait un petit côté solennel, presque religieux. Le genre d’endroit où l’on est amené à respecter les lieux et le protocole.

La salle commençait à se remplir peu à peu. Les différents protagonistes qui composaient ce procès arrivèrent progressivement et s’installèrent à leur place respective. Les avocats finalisaient la défense de leurs clients tandis que le public prenait place sur les sièges prévus pour eux. L’audience était publique, chacun pouvait y assister. Dans une ville comme Réversa, un évènement de cette envergure attirait les curieux. Aleksanteri jeta un regard à certaines connaissances, clients comme aux corrompus, assez glacial pour la plupart d’entre eux. Qu’ils n’oublient pas leur rôle dans ce procès, il veillerait sur eux.

Les jurés sont installés de part et d’autre du président et des assesseurs, le tout formant un demi-cercle. En son centre, la barre des témoins et des accusés et sur les côtés, les différents avocats : avocats des victimes, avocats des accusés. Aux extrémités de la porte de sortie, deux policiers se tenaient droit et veillaient, scrutant un œil sur la salle pour éviter le moindre petit incident. Il ne devrait pas y en avoir normalement : le détecteur de métaux avait fait son travail, récoltant les objets métalliques de chaque individu qui avait franchi l’enceinte.


La cour était la dernière à pénétrer dans la salle, par une porte située au fond de la salle. Lorsque le président et ses deux assesseurs pénétrèrent à l’intérieur de la salle, toutes les personnes de la salle se levèrent. Le président prit place, posa deux dossiers d’une taille conséquente sur la table et permit à tous de s’asseoir.

Il vérifia quelques détails dans un des dossiers, un avocat apporta une pièce supplémentaire, toute fraîche qu’il disait. Le président fit enfin signe au premier accusé de s’approcher.

« Monsieur de Herrería, avancez s’il vous plaît »

Le lycan prit place à la barre.
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Posté le Mar 12 Juil - 0:21, vous pouvez
Chapitre 2

Chose exceptionnelle, un double procès avec deux accusés, deux meurtres différents. Pourquoi donc ? Le jour était la seule chose commune. Ils étaient tous deux là pour payer pour les autres résistants qui n’avaient pu ni être interceptés ni arrêtés. Il fallait donc un bouc émissaire, les voici tous deux. Le peuple devait être content, si les accusés étaient condamnés, non seulement les journaux se vendront comme des petits pains mais en plus la résistance devra encore plus couvrir ses arrières. Quoi de mieux que de trahir son voisin pour avoir le gouvernement dans sa poche ? Il n’y avait pas à hésiter sur ce coup-là, on y gagnait énormément.

Il n’a jamais été transformé, c’est un humain depuis sa naissance, et il le restera jusqu’à sa mort il l’a décidé. Il ne fait pas de distinction entre les différentes races, ils sont égales à ses yeux, même si les lois de Réversa sont inéquitables. Du haut de ses quarante-cinq ans, les cheveux poivre-sel et la tenue impeccablement repassée par sa femme, Monsieur le Président observa le premier accusé. Quelle idée d’avoir accepté cette affaire bon sang. Pour la bonne cause qu’il disait le ministre : vous gagnerez beaucoup plus que vous ne pouvez l’imaginer. Il avait du pouvoir Opalinski, il avait de l’influence, bien plus que lui n’en aurait jamais; il ne pouvait pas se permettre de lui refuser un service. Voilà il avait accepté de juger deux accusés en même temps, écoutant les bons conseils du ministre, et ceux de sa femme également. Par avidité. Pour de l’argent. D’ailleurs où le trouvait t-il cet argent ? Il valait mieux ne pas se mettre la justice derrière le dos n’est-il pas ? Même en tant que juge, Monsieur le Président n’avait pas l’impression d’avoir autant de pouvoir que monsieur Opalinski.

Il observa le lycan devant lui. Plutôt grand, les yeux bleu électrique, cheveux très foncés, un charisme étonnant. Il avait l’air pour le moment calme et décontracté pour un homme accusé d’homicide. Monsieur le Président fit signe à Monsieur le Procureur d’énoncer les faits pour lesquels Monsieur de Herrería. La parole revient ensuite au Président qui va commencer un interrogatoire avec l’accusé, mais auparavant, il va énoncer quelques faits concernant le passé du lycan.

« Vous êtes né le 29 juillet 1971 vous êtes âgé de 39 ans, vous êtes un lycan et vous êtes professeur de français et d’espagnol dans une école secondaire. Vous vivez dans une maison dans Railway Street. Vous aviez des parents pauvres mais aimants qui se contentaient de peu. Elle était humble mais très chaleureuse, votre père venait d’Espagne et votre mère était bretonne. A l’âge de onze ans vous avez fait le mur avec votre cousine pour boire à une soirée. Vous étiez pourtant un élève bosseur. Vous avez fait des études d’interprètes, vous avez slalomé entre de petits boulots et le chômage, et quelques tests pour une grosse somme d’argent vous ont menés à Réversa. On remarque huit ans de trou dans votre vie. Pouvez-vous l’expliquer ?

- Vous avez fouillé dans ma vie ? »

Monsieur le Président soupire. Ce n’est pas le premier accusé qui se permet lui parler de la sorte. Quand on a des emmerdes jusqu’au cou, il vaut mieux ne pas se permettre des fantaisies comme celle-ci. Répondre au Président n’est pas très bien vu mais il permet de se faire une idée à propos de l’accusé : celui-ci n’a pas du tout la langue dans sa poche.

« C’est moi qui pose les questions.

- C’est bien beau, mais vous les situez où ces huit ans ?

- De 2002 à 2010. Pouvez-vous l’expliquer, monsieur de Herrería ?

- C’est simple, j’étais amnésique. »

Chose qui n’aidera en rien l’affaire. Il s’agit d’espérer que Monsieur de Herrería ne répondra pas à toutes les questions ainsi. « J’étais amnésique » est une justification tellement simple.

« Gardez-vous un quelconque souvenir de ces années ?

- Je sais que j’étais sous la protection du lycano-empereur, Marco Divolti, sinon tout est très flou. »

Rien de bien intéressant qui pourrait aider monsieur le président à se faire une idée de la personnalité de l’accusé. Enquêter sur ces huit ans de vide dans l’histoire de l’accusé ne sera qu’une perte inutile de temps.

« Vous êtes professeur de langues dans une école secondaire depuis la rentrée 2010, vous êtes sorti deux fois du territoire réversien : la première fois pour accompagner mademoiselle Morgane Pen’malak, ministre de l’Education lors d’un voyage d’affaires. La seconde fois, vous êtes parti durant un mois et demi à Oxford cette fois pour un échange positif entre les écoles d’Oxford et de Réversa, sous l’idée du recteur de l’université d’Oxford et de la ministre de l’Education, une attestation prouve d’ailleurs que vous n’étiez pas ailleurs durant toute cette période. »

Pause dans son discours. Silence de mort dans la salle, comme si tous retenait leur souffle. Monsieur le Président feuilleta ses notes. Il en avait tellement pris qu’il ignorait vraiment par quoi commencer. Enoncer les différentes accusations de son casier judiciaire en attendant une explication ? Passer à l’accusée ? En finir avec le lycan tout d’abord. Il y avait foule de questions plutôt obscures concernant une accusation de son casier judiciaire. Notamment le fait qu’il ait autant de privilèges de la ministre de l’Education alors qu’il n’était qu’un vulgaire professeur…

« Vous êtes accusé par monsieur Peter Raeburn* d’avoir drogué et agressé la ministre de l’Education la nuit de Noël 2010 aux alentours de minuit. Vous avez agressé deux miliciens avant de vous enfuir avec la ministre. Qu’avez-vous à dire ?

- Les agents avaient bu malgré le fait qu’ils étaient en service et ont donc confondu ma compagne de soirée avec la ministre. Je n’ai donc agressé personne, à part les miliciens qui s’en étaient pris à la jeune femme sans raison.

- Si ce n’était pas la ministre, qui était-ce ? Peut-elle confirmer votre vision des faits ?

- J’avais un peu trop bu ce soir-là, je ne me souviens plus, l’ayant rencontrée au bar à tapas de Longroad Avenue. »

Le Président griffonna quelques notes sur ses feuilles. La ministre de l’Education et Monsieur Raeburn devraient paraître à la barre pour mettre cette histoire au clair. Et il n’était toujours pas encore aux accusations. Il allait y venir, patience donc. Il devait tout d’abord en terminer avec le casier judiciaire de monsieur. Chaque détail semblait important, qu’il ait un rapport avec les accusations ou non. Le tout était de se faire une idée de la personnalité de l’accusé, pour mieux le cerner.

« Vous êtes référencé dans les dossiers de la milice comme étant un lycan perturbateur, dangereux pour la sécurité de la ville. On rapporte que vous étiez cité dans la liste noire de Dorian Halt, l’ancien chef de la milice. Monsieur de Herrería, êtes-vous un homme violent ?

- Non.

- Alors comment expliquez-vous ce casier judiciaire si bien rempli ?

- Moi aussi j’aimerais qu’on m’explique.

- Les faits sont là.

- Il y a une différence entre les faits et les rapports écrits par un gars qui peut pas vous blairer.

- Hum »

C’était tout ce qu’il avait à dire pour le moment. Il avait besoin de réfléchir. Il savait parler le sieur Herrería. Il avait un certain don pour les mots, il avait l’air préparé à ce procès. Il était temps d’entrer dans le vif du sujet cette fois. Nouvelle pause, puis concentration.

« Monsieur de Herreria, concernant les faits du 3 février 2011 dont vous êtes accusé, comment expliquez-vous votre geste ?

- J'ai rien à expliquer puisque ce n'est pas mon geste

- Les faits sont là pourtant, cet homme est mort

- Pas de ma main

- Vous niez donc les faits ?

- Je nie avoir une implication dans ces faits

- Bien. Monsieur de Herreria aimez-vous les anges ? Les appréciez-vous ?

- Ça dépend lesquels, par exemple je vomis ce cher ministre de la Justice ici
présent. Ça n'a rien à voir avec sa race, c'est juste lui qui me dégoûte


- Surveillez votre langage et ne manquez pas de respect envers monsieur Opalinski ici présent. »

Dans la salle, Opalinski fulminait. Il faillit se lever et l’insulter, mais il ne devait surtout pas prdre son sang-froid. Il n’avait pas la parole, l’obtiendrait uniquement lorsque le président le déciderait. En tout cas, en plus d’un procès perdu, Herrería récolterait quelques poings dans la figure à la sortie de la salle. Aleksanteri eut le réflexe de porter sa main à son arme à feu, qu’il portait au niveau de la ceinture. Shit, il avait oublié le détecteur de métaux à l’entrée qui avait pris son arme. Il devait calmer ses pulsions meurtrières, elles ne lui apporteraient absolument rien. Bien fait pour lui et merci au juge d’avoir fait cette remarque. Effectivement, on ne lui manquait pas de respect. Le Président continua son interrogatoire.

« Quels anges appréciez-vous ? Peuvent-ils le confirmer ?

- Si nous parlions d'humains, vous ne poseriez même pas ces questions. Vous stigmatisez vous-même les anges. Les anges forment une race comme les autres, chacun est une personne à part entière, penseriez-vous le contraire ? Moi pas, alors je ne vois pas l'intérêt de ces questions

- Vous êtes accusé du meurtre de Yvon Enbavé, qui était un ange. Vous n'êtes pas un homme à problèmes, n'avez jamais tué, casier judiciaire vierge, et auriez-vous tué un humain ? J'essaie de comprendre le mobile du crime, l'acte qui aurait pu vous pousser à une chose pareille même si vous n'êtes pour le moment qu'accusé. Je réitère ma question, et j'espère obtenir une réponse précise : vous dites que cela dépend des anges, donnez-moi le nom d'un ange que vous appréciez monsieur de Herrería qui pourrait confirmer que vous entretenez une relation aimable

- Je n'aurais tué ni humain ni ange, je ne suis pas un homme violent et encore moins un meurtrier. Bien, mon patron, la ministre de la Culture et de l'Education et mademoiselle Sullivan, l'adjointe même du ministre de la Justice. »

Intéressant. L’accusé s’entendait avec l’adjointe et haïssait le ministre. Lui en avait terminé pour le moment. Il jeta un œil aux assesseurs qui n’eurent rien à ajouter. Il regarda les jurés, pour voir si l’un d’entre eux se manifestait pour demander quelque chose, sinon il demanderait à l’accusé s’il avait quelque chose à ajouter. Puis il passerait à mademoiselle McGraw.

*Peter Raeburn est un PV
Les paroles de Hélias sont de Hélias.

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Posté le Mar 19 Juil - 22:33, vous pouvez
Chapitre 3


Aucun des jurés ne fit la moindre Remarque. Bien, il pouvait passer à la suite. Avant de congédier le lycan il lui posa une dernière question.

« Monsieur de Herrería, avez-vous d’autres choses à ajouter, des détails ou des précisions qui pourraient se ré intéressants ?

- Je crois que le ministre de la Justice à oublier de préciser qu’il m’a torturé en mars et qu’il a très mal pris le fait que l’on écourte la séance.

Des éléments qui ne faisaient pas partie du dossier. Des choses omises lors de l’enquête, ça ne lui plaisait pas. Le président sentit que certaine choses ne tournaient pas rond. On avait évité de mentionner certains détails, et voilà qu’il les apprenait de la bouche de l’accusé. Qu’avaient donc fait les enquêteurs ? Ils devaient avoir ratissé toutes les informations possibles non ? Il ne les aurait pas crus aussi peu compétents. A lui de tâter le terrain pour espérer en apprendre un peu plus. Trouver les bons mots, les bonnes questions. Il était président, il pouvait poser toutes les questions qu’il voulait. Autant profiter de ce pouvoir là.

« Pour quels motifs ?

- J’avais été arrêté en décembre et le ministre de la justice était venu me voir, persuadé que j’étais résistant, alors qu’il me rencontrait pour la première fois. Il m’a proposé un marché : il me libérait et je devais récolter des informations sur la résistance et les lui transmettre trois mois plus tard. Evidemment, il ne me laissait pas le choix et il ne pouvait pas assimiler que je ne faisais pas partie de la résistance, et donc que je ne pouvais pas lui donner les infos qu’il voulait. Contrarié, il a décidé de me faire parler par d’autres moyens. Le problème, c’est que je n’avais de toute façon rien à lui dire. »

Il décida d’insister. Il voulait des détails, il voulait comprendre. Si le ministre de la Justice était coupable d’un méfait pareil, il ne pourrait pas le laisser sortir sans une peine. Ce n’était pas le but du procès, mais le fait d’avoir dissimulé certaines choses … Non il ne pouvait se permettre de laisser passer ça.

« Où avez-vous été torturé ? Quel genre de torture ? Pourquoi a-t-elle été écourtée ?

- Vous croyez vraiment qu’il m’a dit où il m’a emmené ? Opalinski m’a assommé jusque je-ne-sais-pas-où. Là-bas, il a commencé par m’étouffer avec du cellophane, puis il m’a écartelé, c’est à ce moment-là que son adjointe, mademoiselle Sullivan, et la ministre de l’Education, mademoiselle Pen’malak, sont arrivées accompagnées de policiers. Elles avaient appelé une ambulance.

- Monsieur le président, si je puis me permettre cet homme sort des aberrations et ment de surc… »

Le président se tourna calmement vers la voix qui avait osé se mettre à parler. Aleksanteri Opalinski. Même traitement pour chacun, il ne laisserait pas le ministre de la Justice faire tout ce qu’il voudrait. C’était son procès, le respect envers la cour s’imposait. Lui n’était que le plaignant, sans lien familial avec aucune des victimes. Ministre ou pas, il lui était interdit de prendre la parole sans y avoir été auparavant invité. Qu’il patiente un peu, le président ne manquerait pas de lui poser des questions concernant cette anecdote que venait de lui narrer l'accusé.

« Monsieur Opalinski, monsieur le président ne vous a pas donné la parole, veuillez vous rasseoir s’il vous plait. »

Le parquet ou monsieur le procureur comme on veut, prit la parole pour remettre le ministre à sa place. Il n’avait pas à se donner des droits. Il attendrait donc sagement que la parole lui soit donnée pour s’exprimer comme il l’entend. Pas lui qui ferait la loi dans la salle. Se sentant insulté, Opalinski voulut récidiver, mais se tut. Son comportement ne devait en aucun cas menacer le bon déroulement du procès. Il préféra réfléchir à un plan pour faire sombrer le parquet plus tard. Lui parler ainsi, il fallait oser. Et même si ce bougre n’avait fait que son job, il voulait se venger pour l’insulte. Le public devait se gausser de lui à présent. Bien fait, ça apprendrait au ministre à ne pas se prendre pour le centre du monde.

«Une dernière question : Pourquoi ne pas avoir porter plainte ?

- Parce que je savais que c'était inutile. »

Le Président resta de marbre. Comme un mur infranchissable, pas une émotion ne fut visible. Une pierre aurait été plus expressive. L’espace d’un instant, on eut dit que c’était un ange tant il semblait inhumain. Il demanda à l’accusé de bien vouloir se rasseoir, il en avait fini avec lui. Pour le moment. Ainsi donc, il avait jugé inutile de porter plainte. La justice ne faisait-elle pas assez bien son travail au goût de Monsieur ? Il appela la deuxième accusée à la barre, Eryn McGraw. Il allait voir quel genre de phénomène c’était. Bref briefing de sa vie, pas grand-chose à dire toutefois, une histoire banale en soi. Il passa rapidement sur les questions.

« Mademoiselle McGraw, vous êtes apparemment une fille sans histoires : votre casier judiciaire est vierge, pas de PVs ni d’amendes au cours de votre vie. Alors comment une fille comme vous pourrait-elle se retrouver accusée de meurtre ?

-Je me le demande aussi...

- Pourtant, monsieur Opalinski a porté contre vous

- Oui, j'ai été d'ailleurs très surprise... »

Cela commençait bien, il n’avait toujours aucun élément qui pourrait le faire avancer dans ses déductions. Les jurés non plus ne devaient pas vraiment savoir quoi penser. Il fallait qu’elle s’exprime, elle avait l’opportunité de le faire ! Le président tenta d’autres pistes.

« Le rapport de police stipule que l'on a retrouvé sur le corps de la victime des traces d'ADN : Votre ADN mademoiselle McGraw. Connaissiez-vous personnellement la victime ?

– C’est impossible, je ne la connaissais pas. »

La jeune femme secoua la tête en signe de désaccord. Elle ne connaissait pas la secrétaire. Au loin, les yeux d’Aleksanteri brillaient. Au mois une accusée qui lui remonterait le moral. Elle semblait si timide, fragile et impuissante. Pour lui c’était déjà gagné d’avance en ce qui concernait Eryn. Hélias, ce serait plus compliqué. Le président poussa les choses plus loin. Quelque chose clochait : il ne trouvait pas d’explication plausible au fait que de l’ADN de l’accusée ait été retrouvé sur la secrétaire alors qu’elle se trouvait au musée au même moment.

« L’avez-vous croisée dans la rue alors ou bousculée ?
Vous dites avoir été au musée à l'heure du crime. Qu'y faisiez-vous ? Auriez-vous rencontré la victime là-bas ?


- Je... je sais pas... je ne fais pas attention aux gens que je croise...je travaille au musée, je suis guide

- Même pas un semblant de déjà vu ?

- Je... Je ne sais pas... Désolée »

Piste tangible, l’accusée ne savait rien. Se pouvait-il qu’elle soit coupable alors ?Il n’y avait plus que cette solution, il ne voyait pas autre chose. Une pièce du dossier l’avait intrigué, il avait appris que la jeune femme consultait un psychologue. Où était ce fichu morceau de papier ? Bon tant pis, il le retrouverait bien.

« Mademoiselle McGraw, il semble que vous fréquentez un psychologue depuis peu, après les évènements du 3 février. Pourquoi donc ?

– En fait... je le vois que depuis mai seulement... pour... problèmes personnels

- Des problèmes personnels dont vous devez avoir honte ou qui vous font culpabiliser de votre acte commis. »

Il enfonça le clou. Qu’elle parle nom de Dieu ! Elle ne disait presque rien et pourtant ce n’était pas faute de l’avoir harcelée de questions ! Ne se rendait-elle pas compte qu’elle se condamnait en ne parlant pas ? Entre l’accusé qui trouvait presque toujours réponse à tout et celle qui n’ouvrait pas la bouche, il était servi ! Eryn ne contenta de baisser les yeux alors qu’il tentait de lui faire cracher le morceau en forçant un peu. Il ne s’énervait pas, gardait toujours sa voix neutre et atone. Il n’était pas policier qui criait pour faire avouer les suspects, non il était juge et il partait en quête de la vérité.

« Je ne culpabilise pas

- hum »

Il marqua une légère pause puis fit une dernière tentative.

« Vous savez qu'il vaut mieux éclaircir la justice plutôt que dissimuler la vérité sous des nuages sombres. Cela permettra entre autres, d'alléger la peine si peine il y a et également de soulager votre conscience.

- Je ne peux pas le dire...

- Vous êtes accusée de meurtre

- Je ne peux pas... »

Il la sentait mise à nue tout d’un coup, elle était devenue très rouge et s’il forçait encore, il était presque sûr que la jeune femme éclaterait en pleurs. Mieux valait s’en tenir à là pour l’interrogatoire. Il espérait que les témoins l’informerait un peu plus sur l’accusée, puisqu’elle n’avait pas envie de se dévoiler…

« Bon, mademoiselle McGraw, auriez vous d'autres choses à ajouter qui puisse vous paraitre important ?

- Non... »

Regard vers les assesseurs, puis vers les jurés pour les éventuelles questions de chacun.

Merci à Eryn et Hélias pour leurs paroles
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Posté le Dim 24 Juil - 17:44, vous pouvez
Chapitre 4

L’affaire commençait à prendre une tournure plutôt intéressante. Son métier, le président ne l’avait pas choisi au hasard, il voulait aider les individus, être le plus juste possible et surtout être face à des affaires aussi palpitantes les unes que les autres. La grande difficulté dans son métier était de trancher, et de bien trancher. Il pouvait condamner des innocents comme relâcher des coupables. Face à toutes ces personnes, la tâche était bien plus délicate : il les voyait, ces personnes. Les jurés également observaient tout ce qu’il se passait. Il devait absolument poser les bonnes questions, celles qui balaieraient le plus d’éléments, celles qui pourraient ouvrir les portes de la vérité. Il se rappelait avoir travaillé quelques années en tant que juge administratif. Il était plus simple de rendre un verdict en étudiant simplement un dossier : les personnes concernées ne comportaient qu’unnom parmi d’autres, ils pouvaient très bien se nommer monsieur X et madame Y, ça ne changeait en rien le verdict prononcé qui se basait objectivement sur des faits. Or, là où il se trouvait, il les voyait tous : avocats qu’il côtoyait, accusés, témoins, plaignant, famille des victimes. Plus difficile dans ce cas-là de ne pas mêler les sentiments dans le jugement. Il fallait rester neutre, mais s’il voyait le comportement de chacun, les larmes des autres, l’énervement du ministre … Comment rester de marbre face à cela ? Le président le devait. Les émotions ne devaient rien influencer, rien du tout, auquel cas le verdict ne serait pas ce qu’il devrait être.

Il allait passer aux témoins maintenant. Il commencerait par ceux de l’accusé puis ensuite avec ceux de mademoiselle McGraw. Certains témoins s’étaient manifestés également, étant présents au moment des faits. L’affaire semblait louche, le ministre de la Justice avait affirmé aux inspecteurs de police qu’il avait vu de ces propres yeux, monsieur de Herrería en train de tuer Yvon Enbavé, « avec acharnement, à grands coups violents et sans état d’âme ». Il décrivait notamment l’accusé comme un homme « dangereux et violent », sans oublier qu’il avait ajouté son avis personnel, sans doute pour faire pencher la balance en sa faveur. De l’autre côté, il y avait un rapport qui stipulait que le représentant humain avait comparu pour témoigner, ayant assisté également à la scène, et pourtant son avis différait complètement de celui d’Opalinski. Rien de similaire dans leurs témoignages, à croire que c’était la parole de l’un contre la parole de l’autre. Au milieu de toute ce brouhaha, l’accusé, qui aurait son mot à dire, mais après.

Il allait user de ses propres armes aussi. Il avait l’impression de se retrouver dans une lutte entre deux camps, c’était l’impression qu’il avait. Les anges contre le peuple. Ou le gouvernement contre la résistance… Y avait-il seulement des résistants dans la salle ? Si oui, cela va sans dire qu’aucun d’entre eux ne le dirait ouvertement. Si dans le tribunal, les hostilités étaient proscrites, une fois à l’extérieur ce serait le bain de sang… D’ailleurs, ne se sentait-il pas inutile parfois ? Tant de gens qui se faisaient massacrer par le gouvernement, et personne pour traduire le gouvernement en justice… Il travaillait pour les anges, le pouvoir judiciaire se trouvait entre les mains d’un ange. Les lois intolérances vis-à-vis des races, il devait faire en sorte qu’elles soient appliquées. Son humanité ne pouvait non plus être en jeu, il devait rester objectif et le procureur devait faire appliquer la loi aussi injuste fut-elle… Il n’avait pas imaginé travailler dans ces conditions. Au final, il ne pouvait pas aider les individus comme lui l’aurait fait. Triste sort que celui de travailler pour la justice de Réversa…

Rechner avait l’air décontracté. Pas le genre d’homme très stressé en fin de compte. A se demander si ça lui était arrivé de l’être… Le président cessa de penser à un monde meilleur, de toute manière il était là où il était et il exercerait aussi longtemps que possible. Il ne pourrait jamais quitter la ville à cause de ce fichu lien d’opposé, donc il lui faudrait faire avec. Ah si un antidote existait pour briser ce lien, il serait le premier à foncer. Et le premier à se barrer de la ville, trouver du travail ailleurs.

« Jurez-vous de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité ?

–Je le jure »

Un peu solennel comme serment, mais ce sont les paroles qu’il faut appliquer, et pour tous. Le président ne manquera pas de le faire appliquer pour tous. Pour certains cela ne marche pas, on peut leur faire dire tout et n’importe quoi ils continueront à mentir effrontément et sans morale. Pour d’autres, ça les fera réfléchir, du moins un peu. Ils n’étaient pas dans une cour de récréation à régler des conflits entre eux, non chacun passait à la barre devant la cour et devant le public qui, silencieux, observait tout le déroulement de la scène.

« Vous êtes Ahren Rechner,25 ans, représentant humain au gouvernement. Vous venez témoigner car vous dites avoir assisté aux évènements qui se déroulèrent dans la Wilde’s Avenue le 3 février 2011. Le confirmez-vous ?

– Absolument

–Pourrions-nous revenir avec vous sur les évènements qui s’y déroulèrent ?

– Eh bien je me trouvais dans la Wilde’s Avenue et j’ai reconnu le dénommé Yvon Enbavé, occupé à faire le massacre de tout ce qui n’était pas ange avec son arme. Il s’est fait attaquer par un type qui s’est jeté sur lui et l’a frappé comme un malade. Il frappait sans s’arrêter, il cognait et tout et au final Enbavé est mort par terre. Et non ce n’était pas l’accusé ici présent, je l’aurais reconnu sinon.

–Vous dites que vous l’auriez reconnu ? Pourtant dans une bagarre, le temps manque pour observer certains détails d’une scène. Que faisiez-vous pendant ce temps là ? Et d’ailleurs, comment avez-vous reconnu la victime ? La connaissiez-vous par le passé ?

–Doucement avec vos questions ! Vous trouvez pas que ça fait beaucoup non ? »

Le président le regarda par-dessus ses lunettes, impassible. Il garda sa voix atonale, ne prenant même pas le temps de répondre à l’humain.

«Répondez monsieur Rechner.

– Vous êtes d’un froid vous. Bon alors le type déjà il était blond, et plus corpulent alors à moins que votre accusé n’ait fait un régime express et se soit teint les cheveux, je vois pas comment ça pourrait être lui. Enfin bref, passons. Ce que je faisais ? Je luttais pour ma survie. Un mec tentait de me buter ? Self-défense m’sieur le Président, je le paralysais pour qu’il me foute la paix. Ouais et j’ai eu le temps de voir la scène, j’étais pas loin. Quelques secondes, pas plus. Ça m’a marqué, pour ça que je m’en souviens.

– La victime vous la connaissiez ?

– Enbavé, ouais. Il a voulu me chopper, j’avais dépassé le couvre-feu. J’oublie l’heure, pas ma faute, c’est tôt 23 heures. Il était avec un collègue qui l’a appelé par son nom, pour ça que je le connais. »

Devait-il se fier au représentant humain ? Il avait également l’air d’avoir réponse à tout et de n’en faire qu’à sa tête. Il aurait bien aimé lui poser d’autres questions le concernant, cependant il devait l’éviter, ce n’était pas lui qui était jugé.

« Sauf votre respect, vous allez l’air embarassé m’sieur le président. Je peux ajouter un détail ?

Les jeunes perdent le sens de certaines valeurs. De son temps, personne n’aurait parlé de la sorte à un juge. Il fallait que ça tombe sur lui ! Déjà que c’était une énorme connerie

« Je me passe de vos commentaires, monsieur Rechner. Si vous savez des choses qui pourraient être utiles dans l’éclaircissement de cette affaire, faites.

– Votre gars là, il a pas la tête d’un résistant. Et la fille non plus. Vous les avez regardés avant de les juger ? Si vous voulez mon avis, vous avez des innocents sur la barre.

– Seriez-vous résistant monsieur Rechner pour affirmer cela ?

– Non monsieur le président mais j’ai appris à observer ceux qui m’entourent. Et certains comportements ne trompent pas. Il n’y a qu’à regarder le visage satisfait de monsieur Opalinski pour voir que vous êtes entré dans sa mascarade. Après je dis ça, je dis rien.

–Veuillez vous rasseoir à moins que messieurs les assesseurs ou le jury n’ait de questions complémentaires ? »

Il ne dit rien, pas un mot. Même pas un « merci » ou une quelconque de son visage montrant qu’il approuvait ou désapprouvait les paroles de l’humain. D’ailleurs, il avait été déstabilisé au point d’oublier les autres questions qu’il avait à poser. Il pourrait toujours le refaire paraître à la barre dans le pire des cas. Sans doute le jury aurait-il enfin des questions. Il les trouvait étrangement silencieux pour des jurés. Serait-ce un nœud dans le ventre à cause de la présence d’Opalinski dans les parages ? Ou étaient-ils tellement peu intéressés qu’ils ne fichaient du verdict qu’ils devaient rendre ? A moins que ce ne soit tout simplement de la timidité…

Il n’allait pas tarder à faire passer la ministre de la culture et de l’Education. Quelle connerie cette idée de procès à deux accusés, franchement…
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Posté le Mer 27 Juil - 13:52, vous pouvez
Chapitre 5


« Jurez-vous de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité ?

-Je le jure »

Elle était à la barre. Quelle sensation bizarre. Mais elle était prête à témoigner. Elle ne semblait pas venue les mains dans la poche, loin de là, elle avait tout préparé avec minutie. Elle ne devait pas se trahir, elle ne devait pas dévoiler une seule once d’émotion. Morgane connaissait la date du procès depuis tellement de temps déjà, elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour minimiser les dégâts, et avait préparé sa défense. Le président la questionnerait jusqu’à obtenir ce qu’il voudrait.

Elle s’était installée à l’avant, faisant partie des témoins. Elle passait en troisième, après celui qui avait failli la tuer et Peter Raeburn. Un nom et une fonction. Ahren Rechner, nouveau représentant humain. Ils allaient se croiser dans les couloirs, merveilleux. Entre Opalinski qu’elle haïssait à mesure qu’elle voyait sa tête et lui qui l’avait séquestrée et bien profité également, elle ignorait lequel des deux à ces yeux semblait le plus détestable. Le ministre de la Justice les différenciait pour la torture de mars. Elle préférait encore la présence de Rechner, même si elle s’en serait passée.

Raeburn, si elle le tenait entre ses mains, elle en ferait de la petite bouillie. Toujours aussi persuadé qu’Hélias l’avait droguée et séquestrée, il n’omit pas de le dire au Président. Dans de beaux draps qu’elle était. Elle s’en sortirait, elle avait déjà réfléchi à un éventuel alibi au cas où l’altercation de Noël serait remise sur le tapis. Elle disait à moitié la vérité sur ce coup là, mais tant pis, dans une dictature comme celle-ci, elle fallait tout d’abord sauver sa peau. Et personne ne saurait qu’elle entretenait une liaison avec un accusé de résistance.

Vêtue simplement, un chignon dans les cheveux, elle resta de marbre pendant toute la première partie du procès. Hélias à la barre, elle regarda, aucune expressivité entre les lèvres. Les questions s’enchaînèrent, seule sa respiration régulière restait audible. Elle ne bougeait p as, impassible. Une statue aurait été plus bavarde. Tellement hautaine. Elle n’approuvait que toute sa vie soit divulguée devant tous. Ça ne les regardait pas. Huit ans de vide dans la vie d’Hélias, il devait y avoir une raison. Même elle ne tenterait pas d’en savoir plus. Il y avait des passages de sa vie, qu’elle préfèrerait garder secret. On a tous des secrets. Le lycan énonça également ce que lui avait fait subir Opalinski en mars, ce qui eut l’effet de susciter la réaction de ce dernier. Elle sentit au tour de la jeune humaine que celle-ci allait finir par craquer sous le poids des questions du président. Etait-il borné ou quoi ? Ne voyait-il pas qu’elle était accusée à tort ? Non, trop plongé dans ses notes voire ses questions. Elle faillit s’indigner, mais se retint. Qui sait ceux qui pouvaient l’observer de près comme de loin. Elle n’était pas à l’abri, son comportement pourrait jouer en sa faveur ou en sa défaveur. C’est là qu’elle se rendit qu’elle jouait un terrible double jeu : ici il y avait des anges comme d’autres personnes qu’elle avait sans doute rencontrés et avec qui elle s’était bien entendue. Ici il fallait se construire une immense barrière. Une barrière de glace. Peu importe ce que tous penseraient, peu importe ce que chacun chercherait à comprendre : elle serait infranchissable. Elle s’était entraînée : on ne se présente pas à la barre au tribunal de Justice comme on irait acheter son pain à la boulangerie. A l’annonce de son nom, elle s’était levée, fixée sur le morceau de bois où elle poserait ses mains durant l’interrogatoire. Il n’existait plus personne autour d’elle. Juste le Président et elle. Elle était prête.

« Vous êtes Morgane Pen’malak, 21 ans, ministre de la Culture et de l’Education. Vous avez embauché ledit accusé, monsieur Hélias de Herrería le 4 août 2010, en la qualité de professeur de langues.

-Oui »

Quelle affreuse voix atonale. Elle ferait comme lui, useraient des mêmes armes. Le regard calme, le visage fermé. Froide comme un glaçon. Un ange. Oh, elle savait jouer la comédie, elle s’était même comportée de la sorte par le passé. Elle sentait une énorme boule de stress s’installer, qu’importe, si sa respiration restait tranquille et régulière, elle passerait. Normalement. Sinon, il faudrait bien faire avec.

« Mademoiselle Pen’malak, quel lien entretenez-vous avec monsieur de Herrería ? Vous avez l’air de bien vous entendre avec lui pour lui avoir proposé de vous accompagner lors d’un voyage d’affaires à Oxford, puis l’autoriser à travailler dans la même ville pendant deux mois. Accorderiez-vous un régime de faveur à certains professeurs mademoiselle Pen’malak ?

-Je connais monsieur de Herrería par l’entretien d’embauche d’août dernier. Je lui ai proposé de travailler deux mois à Oxford, parce qu’il m’y avait accompagné en janvier dernier. Il me semblait logique en bonne et due forme, et connaissant les liens qu’il y retourne. En aucun cas, je ne favorise un professeur parmi un autre monsieur le président. Il est compétent, toujours prêt à rendre service et il aime son métier.

-Pourtant, vous saviez qu’il était accusé avant son départ mi-avril non ?

-Si je le savais à ce moment là, monsieur de Herrería n’aurait pas quitté la ville, et je me serais assuré qu’il ne parte pas.

-Il y a pourtant quelque chose qui cloche cependant. Pourquoi êtes-vous venue en personne au sos-sol de l’entrepôt de monsieur Opalinski pour éviter la torture à l’accusé ? Si vous n’entretenez qu’une relation de travail, au moins éprouvez-vous de la sympathie pour monsieur de Herrería. »

Où voulait-il en venir au juste ? Cherchait-il à discréditer son témoignage ? A pousser les questions jusqu’à trouver une faille qui ferait gagner à coup sûr et sans appel le ministre de la Justice ? C’était lui et elle en face à face, il n’y avait personne autour d’eux, qu’elle ne l’oublie.
Tu ne ressens rien. La petite voix intérieure lui rappelait toutes les choses auxquelles elle avait pensé pour garder la tête haute et ne pas être déstabilisée par la moindre question.
Ce n’est qu’un humain, il n’est rien, qu’un petit vermisseau manipulé par derrière. Elle devait lui tenir tête. Après tout, n’était-elle pas ange ? Tout ce qu’elle refusait d’être, cette nature artificielle, elle laissait tout sortir.
Dévoile ta véritable nature. Elle pouvait le faire, elle n’avait pas été « ratée » lors de sa transformation, non, elle avait juste enfoui ce qu’elle refusait de devenir au fond d’elle. Mais aujourd’hui elle en avait besoin. Elle irait puiser au fond de ses souvenirs. Certaines traces demeuraient et resteraient. Elle serait fourbe. Elle serait manipulatrice. Hautaine, calculatrice. Elle penserait comme un ange. Pour ne pas le laisser prendre le dessus. Pour se protéger. Pour le protéger. Elle répondit, d’une voix sèche et hautaine. Elle crachait sur les mots, montrant son mécontentement, vociféra tel un serpent.

« Sachez, monsieur le président, que l’on ne condamne pas à la potence un professeur sans m’en avoir informé. Croyez-vous que j’allais laisser monsieur Opalinski s’occuper de lui alors que je n’étais même pas au courant ? D’une part c’est un manque total de respect, il s’approprie des droits, d’autre part, si j’avais eu des doutes concernant monsieur de Herrería, je me serais moi-même chargée de son cas.

-Merci mademoiselle Pen’malak. Laissons là cet incident, parlons de cette fameuse nuit de noël où vous sembliez être en compagnie de monsieur de Herrería. Monsieur Peter Raeburn ici présent insinue que vous étiez en sa compagnie et plutôt dans de mauvais draps.

-Je vous arrête tout de suite, ce n’était pas moi.

-Vous sembliez être droguée également, ce qui expliquerait que vous n’en gardiez aucun souvenir

-Ecoutez, je sais très bien ce que je faisais, j’ai passé la soirée au bar à Tapas en compagnie de quatre amies. Je ne prends aucune substance illicite ressemblant à de la drogue, je ne fume pas et je bois occasionnellement. Laissez-moi vous dire que votre histoire ne tient pas la route, qui sait si monsieur Raeburn n’avait pas bu lui aussi pendant ses heures de service ? Il niera les faits bien entendu, mais croyez-moi, la nuit de Noël, il n’est pas rare de croiser des miliciens saouls au détour d’une rue.

-De toute évidence, c’est la parole de la sienne contre la votre mademoiselle Pen’malak, ainsi que celle de l’accusé. »

Elle aurait voulu ricaner sur ce fameux Raeburn. Ce dernier ne cessait de la harceler depuis pas mal de temps, et si elle pouvait le faire sombrer un jour, elle le ferait. Sans état d’âme. Le Président n’avait pas l’air d’en avoir fini avec elle. Elle garderait sa mine désagréable. Il avait tenté d’ouvrir des brèches de sa vie privée, il ne recevrait que des réponses courtes et non justifiées. Il l’avait cherchée ? Bien, il l’avait trouvée. Il entendrait sûrement parler d’elle si les deux accusés étaient condamnés. Il n’y avait pas assez de preuves solides à l’appui. Comment les jurés pourraient-ils les condamner ? Elle comprit. Quelque soit le verdict, il était impossible pour le président d’envoyer le dossier vers un autre tribunal, pour qu’un autre jury expose son verdict s’il jugeait que les jurés présents avaient faits erreur sur le diagnostic. Grosso modo, l’homme qui la harcelait de questions ne servait qu’à cela et rien d’autre. Tout n’était que mascarade et tricherie. Si les jurés étaient corrompus, alors c’était perdu. Elle avait aperçu Malkavian parmi eux. Lui ne se serait pas laissé prendre entre les mailles d’Opalinski. Du moins l’espérait-elle. L’interrogatoire se poursuivit. Elle se consacra sur les questions. Il ne fallait pas qu’elle hésite ou elle était foutue. Elle devait conserver son masque de glace, impassible, ferme, et glacial.

« Croyiez-vous monsieur de Herrería violent ?

-Non

-Pensez-vous qu’il pourrait un jour vous blesser, vous faire mal ou souffrir, mademoiselle Pen’malak ?

-Non

-Avez-vous d’autres choses à ajouter ?

-Non »

Une voix lui hurla de réagir, de clamer tout haute sa pensée… Elle était certaine de son innocence et de celle de l’autre fille, ils ne les avaient pas tués, tout n’était qu’une grossière erreur judiciaire manigancée par Opalinski. Elle en était certaine. Mais en y réfléchissant, sa voix n’apporterait rien, mise à part peut-être remonter un court instant le moral des deux accusés. Et encore. Ce n’était pas ici qu’elle devrait agir. Elle vit ses mains, devenues pâles depuis. Le Président lui demanda de retourner s’asseoir, pour poursuivre son interrogatoire. Elle marcha droit devant elle, sans un regard vers les témoins ou les accusés. Une statue de marbre.
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Posté le Ven 5 Aoû - 22:08, vous pouvez

Chapitre 6

On peut croire qu’un procès est ennuyeux, qu’il ne se passe pas grand chose et que parfois, le verdict se fait attendre. Pour le public, il est long parfois de voir des tas de témoins passer et repasser. Pourtant on n’est parfois jamais au bout de ses surprises. Les jurés, muets depuis le début, firent entendre leur voix. Deux d’entre eux se manifestèrent pour d’éventuelles questions. A commencer par Kyle A.Lewis qui posa une question à monsieur Rechner. Le représentant humain fut inviter à revenir à la barre pour répondre.

- Excusez-moi votre honneur, j'aurais aussi une question à poser puisque vous le permettez. Monsieur Rechner, avez-vous vu l'accusé ici présent sur les lieux du "crime" à la date du 3 février? Ma question peut paraître simple voire obsolète mais j'aimerais savoir sur quoi sont fondées les accusations de monsieur Opalinski vis-à-vis de monsieur de Herrería hormis sur ces bonnes paroles? En effet, il ne semble pas avoir pris connaissance d'un quelconque témoin oculaire qui aurait précisément reconnu l'accusé et qui l'aurait justement reconnu comme tel. Aussi, je peux également m'interroger sur le fait que cette accusation ait peut-être été faite de façon arbitraire, à l'image de l'arrestation datant du mois de décembre dont a souffert monsieur de Herrería et qui nous a été précédemment révélé.

« Monsieur Rechner, veuillez répondre s’il vous plaît »

« Je vous dis que le type qui a abattu l’autre c… monsieur Enbavé, pardonnez mon emportement, n’était pas monsieur de Herrería. S’il était ailleurs j’en sais rien, je peux pas tout voir alors que je suis en train de me faire tuer vous êtes marrant vous. »

« Monsieur Lewis, deux témoins affirment avoir vu monsieur de Herrería tuer la victime, il s’agit de monsieur Opalinski et de feu monsieur Halt qui sera représenté par madame Davenport. D’ailleurs pour conclure cette affaire, madame Davenport approchez. Monsieur Rechner, vous pouvez retourner vous asseoir » puis, regardant Regina Mc Arthur « Madame, je n’oublie pas votre requête, j’en finis avec l’accusé de Herrería. »

Le président interrogea la nouvelle chef de la milice qui parla au nom de Dorian Halt. Apparemment, elle avait parlé avec lui, et il lui aurait dit que c’était bien l’accusé qui avait tué l’ange. Sceptique à ce sujet, le président ne savait que penser. Madame Davenport faisait le témoignage d’un mort. Il n’oublia pas le lui faire signaler. Pour que les jurés ne fassent pas erreur sur leur jugement.

Passèrent également à la barre, Laly Thompson et Peter Raeburn. La première avait un avis très positif concernant l’accusé, cependant l’autre affirmait que la ministre de l’Education était bien là la nuit de Noël, ce que les deux intéressés avaient tous deux démentis. Le président soupira : pour une anecdote, il allait laisser faire.

Pour l’heure, il en avait terminé avec les témoins du sieur de Herrería d’ailleurs, il lui était impossible de prouver s’il faisait partie de la résistance. Les seuls qui pourraient l’éclaircir seraient des résistants connus du gouvernement. Bizarrement, soit ces derniers croupissaient en prison, soient ils étaient morts. Comment savoir d’ailleurs ? Le fait qu’ils soient coupables les proclamerait au rang de résistant. Parce qu’ils avaient agi contre le gouvernement, voilà pourquoi.

Le président en avait marre de ces témoins qui affirmaient pour les uns le contraire de ce qu’avaient dit les autres. Rien ne concordait. Il n’y avait absolument aucun témoignage similaire. Comme si deux camps opposés se battaient dans un duel, à savoir innocenter les accusés pou les enfoncer un peu plus dans la boue. C’était absolument grotesque. Il se demanda alors s’il n’était pas qu’un petit pion parmi les autres, un gars à qui on avait demandé de faire son job et de laisser les choses se décider, parce qu’elles étaient déjà prévues à l’avance. Il suffisait de monter la pièce de théâtre et de la jouer, l’auteur étant seul connaisseur de la fin.
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Posté le Jeu 18 Aoû - 17:24, vous pouvez
Chapitre 7


« A présent, nous allons traiter l’affaire l’affaire Eryn McGraw. Madame McArthur, veuillez reformuler votre question pour que l’accusée puisse y répondre.

« J'aimerais savoir précisément pourquoi Mademoiselle Mc Graw est suivie psychologiquement peu après les évènements de Février. Je veux bien croire à une coïncidence mais celle-ci me semble bien étrange. Il va de soi que si Mademoiselle Mc Graw n'a rien à se reprocher et qu'elle sait en elle-même qu'elle est innocente, elle n'aura donc aucune gêne à nous dévoiler les lésions qui engagent un suivit psychologique. »

Après un temps de réflexion, Eryn répondit. Craignait-elle quelque chose pour mettre autant de temps ?

« Je... Vais voir un psychologue parce que... J'ai perdu ma grand mère... Avec qui j'étais très proche

- Cela vous a profondément marqué à ce que je vois. Où habitait votre grand-
mère ?


-A Bristol

-Vous alliez donc la voir souvent ?

-J'essayais d'aller la voir le plus souvent possible...

-Vous aviez une autorisation donc pour sortir de la ville...

-Je n'ai pas réussi à aller la voir depuis que l'autorisation pour sortir de la ville est en place...

-Hmm, vous n’avez pas dû la voir depuis un bout de temps alors »

L’accusée se rassit aux côtés de monsieur de Herrería, puis reprit ses interrogatoires maintenant que Regina McArthur venait d’obtenir la réponse à sa question. Eryn avait paru quelque peu réticente mais elle avait fini par répondre à la question, malgré son hésitation. Disait-elle la vérité ou mentait-elle pour cacher autre chose ? Le psychologue ne pourrait guère l’aider de toute manière, étant au secret professionnel. Enfin bref, il était temps de passer à autre chose. Ce fut au tour de Valérian Winstone de passer à la barre. Il se sentait confiant, il avait confiance en Eryn. Si cette dernière ne lui avait rien dit de particulier, alors c’est qu’il n’y avait rien. Pourtant,il s’inquiétait notamment sur le fait que d’autres personnes pourraient témoigner contre elle. Et c’est parti pour un nouvel interrogatoire. Le président commençait à s’y habituer à force.

« Monsieur Winstone, comment connaissez-vous l’accusée ? Est-ce un proche ou simplement une connaissance ?

- Nous sommes opposés... mais nous venons de nous rencontrer. Nous ne pouvons donc ni dire que nous sommes proches, ni que nous ne sommes que des connaissances...
Récemment, début du mois, et oui, pour le moment nous nous entendons bien.


- A votre avis, mademoiselle McGraw serait-elle capable de tuer ?

- Pas du tout, je la vois comme une personne très gentille, très douce, incapable de faire du mal à qui que ce soit

- Donc, je présume que vous n’avez pas vu l’accusée le soir du 3 février ?

- Je ne la connaissais pas encore, je ne peux rien dire

- Merci monsieur Winstone »

Voix neutre, atone, dissimulant son agacement. Ce procès tourne en boucle, et il sentait qu’il allait se reproduire la même chose que pour l’accusé de Herrería. Les témoins en faveur avaient tous une bonne opinion de l’accusé, tandis que ceux qui avaient quelque chose à leur reprocher les traitaient de la pire espèce, comme s’ils étaient des tueurs sanguinaires. Aller déceler la vérité là dedans… peu évident. Ce la se jouerait à la parole du plaignant contre la parole des accusés, sans aucun doute.
La nouvelle chef de la milice reparut pour témoigner au nom de l’ancien chef de la milice. Halt aurait arrêté la résistance et l’aurait interrogé. Le président se contenta d’acquiescer, de toute évidence, il ne pouvait pas se baser sur les propos rapportés par un mort. En espérant que les jurés comprennent et ne fassent pas de bêtises lorsqu’ils prononceraient leur sentence…

« Présentez-vous, et dites également quel lien entretenez-vous avec l’accusée.

-Je suis Edana May, la colocataire d'Eryn depuis maintenant un mois environ. Sans être proche de manière indémesurée, il nous arrive de nous parler fréquemment, ce qui est plutôt logique vu que nous vivons sous le même toit. Il nous est arrivé quelques fois de parler entre nous de choses qui sont privées et doivent le rester cependant maitre. »

Comme s’il était un espion sur la vie privée des habitants ! Il s’agissait là d’élucider un meurtre, mise à part si l’humaine avait avoué avoir commis le meurtre, il se fichait royalement des conversations que les deux femmes avaient pu avoir. Il avait l’impression que passer pour le méchant de service, ce qui ne lui plaisait pas du tout. Il savait faire preuve de bon sens également !

« Cela va de soi, certaines choses ne feront pas l’objet d’un interrogatoire ici même, il s’agit d’élucider un meurtre, pas d’effectuer des comptes-rendus de conversation entre colocataires. A votre avis, mademoiselle McGraw serait-elle capable de tuer quelqu’un de sang froid mademoiselle May ?

-Eryn en est tout à fait incapable. A elle seule elle représente l'innocence même. C'est à peine si elle saurait tuer une mouche pour vous dire. Je la crois réellement innocente maître et serait prête à le jurer sous n'importe quelle condition. Eryn n'est pas un assassin. »

L’innocence même voyez-vous cela. Les femmes sont fourbes, traîtresses et manipulatrices. Comment voir clair dans leur jeu ? Peut-être était-ce vraiment le cas, cette femme était une innocente. Rien ne le prouvait. Les accusations portées contre elle semblaient graves pour une femme ayant l’air candide. Le président n’avait pas l’air tellement convaincu de cette pureté de l’âme d’Eryn. Pas vraiment. Chacun a son avis sur la personne, qu’il soit bon ou mauvais.

« Comment définiriez-vous le caractère et la personnalité de mademoiselle McGraw ? Quel avis portez-vous à son sujet ?

-Eryn est quelqu'un de profondément serviable. Toujours de bonne humeur et sympathique, prête à donner un coup de main dans n'importe quelle occasion. Eryn est une personne fantastique pour ce que j'ai eu en aperçu de sa personnalité.

Edana paraissait potentiellement assez sure d'elle. Ses réponses avaient l’air franches et honnêtes, avec un air qui évitait à quiconque de la contredire. Pour mettre en confiance Eryn, la jeune femme adressait de temps à autre un sourire à l‘accusée pour lui montrer qu’elle était de son côté, qu’elle n’était pas seule.


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Posté le Jeu 18 Aoû - 17:24, vous pouvez
Chapitre 8


Tout se déroulait parfaitement bien. C’était presque miraculeux. Pour l’instant, tout allait fonctionner à merveille. J’allais gagner. J’étais certain que tout allait marcher comme sur des roulettes, jusqu’à la fin. Les témoins avaient manqué pour la plupart d’entre eux. J’en avais payé certains pour qu’ils témoignent en ma faveur, affirmant avoir vu les accusés. Qu’ils soient coupables ou non, je voulait tout simplement les rouler dans la boue, montrer ainsi qui fait régner la justice dans cette ville, qu’elle soit bonne ou mauvaise, qu’elle soit juste ou non. Le reste je n’en avais que faire. Ils seraient condamnés, je serais tranquille. Je suivais le déroulement des opérations presque hilare. Croyaient-ils qu’ils s’en sortiraient parce que l’on témoignait en leur faveur ? Ben voyons. Comme s’ils pouvaient avoir de l’espoir. L’espoir c’est la mort. Espérer et vous pleurerez plus que vous ne satisferez vos convictions. C’est la meilleure chose pour faire une dépression et être hors course. Mais allez-y espérez ! Je pourrais vous écrabouiller plus facilement ainsi. Vous me facilitez le travail, que vous êtes sympathiques !

De Herrería, je connais toute sa vie maintenant. Et quelle vie ! Je pourrais jouer là-dessus d’ailleurs avec brio. Rien que sa femme, je pouvais la faire chanter ou la retourner contre son mari. Ce serait si drôle. D’ailleurs, elle allait en prendre plein dans la gueule maintenant qu’elle avait un mari résistant assassin. D’ailleurs j’ai failli ajouter dans ma lettre au procureur qu’il était fanatique ça aurait ajouté quelques années de prison en plus mais j’ai préféré m’en tenir à là. Je sens que je vais m’amuser après ce procès, emmerder tous ceux qui ont témoigné en faveur des accusés. De mauvais citoyens, des infidèles au gouvernement. Ils auraient dû voir ma tête, et aurait tout de suite dû se tourner vers mon avis. Je suis le plus fort, je gagne toujours, fallait pas espérer encore une fois que je perdrais non ? Bande d’idiots.

Ce procès était une bonne occasion pour apprendre à tous les connaître, les uns comme les autres. Même les plus fidèles, ceux en qui j’avais à peu près confiance. Sulli’ ton compte est fait ma jolie. En réalité, tu n’es qu’une traitresse ! Bordel, pourquoi tu m’as fait ça ? Pourquoi tu as témoigné en faveur de de Herrería hein ? Tu vas souffrir ma belle pour les prochains mois à venir, je vais t’en faire baver, tu ne vas pas sentir ta douleur. Tu bosses pour MOI, tu n’as pas à aide ce vermisseau ! J’ai déjà cédé pour la torture ne mars, quand tu voulais le libérer avec Pen’malak. Sullivan, je vais te faire la peau. Tu vas souffrir, tu vas chialer comme pas permis. Tu feras des heures sup’, tu ne gagneras pas un rond supplémentaire. Je vais t’épuiser à la besogne, tu verras, tu auras mal tu me supplieras d’arrêter et de te laisser te reposer. Je n’aurais pas pitié de toi. Et si tu tiens à ta place, tu fermeras ta gueule et tu bosseras comme une grande. Les excuses ne tiendront pas, tu pourras toujours essayer de te faire pardonner, tu l’as fait, tu as témoigné CONTRE moi. Je ferais en sorte que tu redeviennes docile, et je te préviens, tu le redeviendras, quoi qu’il t’en coute. Dommage que tu n’ais pas vraiment d’attache, j’aurais pu jouer sur cela. Dommage. Tu n’imagines pas à quel point, tu m’as énervé. Tu me déçois. Affreusement même.

Pen’malak et May. Les deux font la paire. L’humaine je me retiens de l’étrangler. Déjà que j’ai croupi 48 heures en taule à cause d’elle, sérieusement j’ai envie de la chopper et de lui casser les membres, un pas un. Et un doigt, deux doigts, trois doigts quatre doigts…. Crac crac crac crac. Après, on passera aux doigts de pied, puis aux bras, aux jambes, jusqu’à ce que tu ne sois plus qu’un squelette désarticulé. ET tu chouineras May, tu pleureras toutes les larmes de ton corps pour que la douleur cesse. Le mal sera toujours là. Je t’ai jamais aimé, encore heureux que tu te sois barré du gouvernement. Maintenant on a un HOMME, un vrai, pas une femmelette.

Défilé de témoins qui passent les uns à la suite des autres. C’est trop drôle, l’un dit quelque chose, l’autre affirme l’inverse. Ça me fait marrer. Je ne sais pas comment monsieur le président va y voir clair dans cette affaire. Il finira par devenir complètement fou, marteau, dingue et les jurés majoritairement en ma faveur, voteront pour la culpabilité des accusés et terminé. C’est beau d’être méchant non ? En tout cas, mon œuvre est diabolique, c’est merveilleux, je trouve ça carrément génial.

Encore deux témoins en défaveur de McGraw. Deux secrétaires à qui j’ai promis, une somme rondelette et une nuit dans un hôtel quatre étoiles avec la personne de leur choix avec jacuzzi et sauna intégré. Sûr qu’elles ne sont directement jetées sur moi les blondasses ! Les voilà qui docilement raconte au mot près tous les détails sur la présence de l’accusée à la mairie, ressortie avec du matériel chirurgical vide, qui aurait été utilisé pour empoisonner ma secrétaire. Enfin bref, c’est merveilleux, les filles ont fait leur job, elles auront leur gain à la sortie du procès par lettre recommandé.

Oh, c’est mon tour d’être interrogé. J’y vais, très assuré, presque les mains dans les poches. En fait, j’ai failli tout faire foirer en prenant la parole sans y avoir été autorisé. Bah maintenant c’est oublié et puis je vais pouvoir sortir toutes les saloperies possibles et imaginables. Mes méfaits sont prêts depuis tellement longtemps, j’ai une dent contre ces personnes, je suis désolé, elles vont en baver jusqu’à ce que j’obtienne ce que je veux. Ce que je désire, je l’ai, c’est ainsi. Et si la demande ne suffit pas, je prends par la force. Trop facile. Faut que je jure. Ça y est c’est bon, je dirais partiellement la vérité. Alors, monsieur le président, quelles sont les questions que vous allez me poser ?

« Monsieur Opalinski, ministre de la Justice, 42 ans, vous êtes le plaignant dans cette affaire. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour manifester votre plainte ? Vous auriez pu le faire bien avant.

– Voyez-vous monsieur le président, au début, je n’étais pas sûr de moi. Alors j’ai demandé à la police de mener une enquête concernant les deux accusés. Voyez vous-même les résultats, je n’ai plus eu de doute à leur sujet et j’ai porté plainte. »

J’avoue, j’ai corrompu quelques policiers aussi. Mais c’était pour ma cause ! Il y avait des traces d’ADN du sieur de Herrería sur Yvon Enbavé, mais ce n’était pas suffisant pour prouver qu’il l’avait tué. Il aurait très bien pu lui foutre un coup de poing ou le bousculer, ce qui aurait expliqué cette présence d’ADN. Seulement, eh bien, j’ai payé un des experts qui bossait sur l’affaire et il a juste eu à stipuler dans le rapport que le corps avait montré que le lycan accusé aujourd’hui était bel et bien le meurtrier. Et le coup du blond du représentant humain, sérieusement, ce n’était pas crédible face aux faux rapports de la police. Faudra que je garde à l’œil aussi lui.

« Pourquoi ne pas avoir laissé aux familles des victimes le soin de le faire ? J’avoue que votre requête est quelque peu surprenante.

– Monsieur le Président, ces familles ont peur des représailles. J’ai proposé ma protection dans cette affaire et de fournir l’argent nécessaire aux frais de leur avocat. Je cherche à rendre la justice dans cette ville, à faire en sorte que ces familles obtiennent réparation. »

Et paf ! Dans le filet, monsieur le Président ! Et je passe en plus pour un héros national avec ces histoires. La secrétaire j’en ai un peu rien à foutre de qui l’a tuée, je l’ai facilement remplacée, mais foutre le bazar pour que l’on trouve le coupable c’était sympa, je me suis bien éclaté. Pour elle, c’était plus difficile de dire que c’était McGraw. Pas d’ADN, aucune trace de l’individu qui était passé. Pourquoi avoir choisi Eryn d’ailleurs ? Elle était accusée de résistance voilà tout. Un procès ne peut pas prouver l’appartenance à ce groupe, alors j’ai mis un meurtre pour la rouler dans la boue. Faux témoignages et le tour est joué. Je suis trop doué n’empêche, on devrait me décerner la palme du gagnant. C’est simple, je suis fait pour gagner.

« Monsieur de Herrería a dit tout à l’heure que vous l’aviez torturé dans des circonstances inhumaines. Mesdames Sullivan et Pen’malak ont confirmé. Monsieur Slane pourrait également le dire puisque c’est lui que l’on a appelé pour régler cette affaire. Qu’en dites-vous monsieur Opalinski ?

– De une, ils abusent tous un peu, j’avais un but à faire visiter ma salle de torture à de Herrería. Nous avions un contrat, il ne l’a pas respecté. Je lui ai montré de quel bois je me chauffais. D’ailleurs, cela ne vous regarde pas, nous ne sommes pas ici pour traiter de cette affaire.

–Eh bien ,nous allons nous charger de régler cette histoire ici même. Vous avouez l’avoir fait, d’après vos paroles.

– Vous êtes ici pour régler deux meurtres pas pour une affaire qui ne concerne que cet homme et moi ! »

Il est bouché ou quoi ? Non mais la ferme ! Ce ne sont pas tes affaires, et j’espère que l’autre con, il croupira toute sa vie en prison !

« Que lui avez-vous fait monsieur Opalinski ?

– Ce ne sont pas vos affaires.

–Vous refusez de coopérer, c’est pris en compte monsieur Opalinski. Nous aviserons de cette affaire lorsque celle-ci sera réglée, à la fin de cette audience. Veuillez vous rasseoir j’en ai fini avec vous »

Il vaut mieux que je ferme ma gueule. Si je l’ouvre je vais m’enfoncer. Et pour gagner, il ne faut pas que je fasse n’importe quoi. Mon emportement intempestif m’a déjà valu pas mal de problèmes, il vaut mieux que je reste calme et je ne fasse rien. Si le jury peut se charger de mon affaire à part, ce serait bien. Au moins n’aurais-je pas de problèmes à la sortie. C’est drôle n’empêche, on a l’impression que le Président veut juger toutes les affaires concernant de près ou de loin les accusés. Si ça peut les aider à chopper dix ans de taule supplémentaires, pourquoi pas, je suis totalement pour. Je retourne à ma place, toujours aussi fier de moi, même si je suis vraiment en colère que cette affaire me retombe sur le dos. Je torture qui je veux d’abord, ensuite, ce ne sont les oignons de personne. Au tour des familles des victimes de passer à la barre. Oui il faut leur rendre leurs enfants disparus, les accusés sont des personnes inhumaines, ils réclament justice pour ces victimes. Avec quelques larmes en plus, et des mouchoirs, c’est tellement émouvant de les entendre. Pas pour moi, je ne pleure pas. Maintenant on va voir ce que le Procureur va sortir comme peine, et ce que les avocats auront à dire pour la défense.
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Posté le Jeu 18 Aoû - 17:25, vous pouvez
Chapitre 9

Spoiler:
 


« Monsieur le Procureur, faites nous part de la sentence prévue à cette affaire. »

Le parquet se leva, ayant feuilleté le registre des lois de temps à autre lorsqu’un nouvel élément survint. Lui va énoncer les peines maximales prévues pour chacun des accusés vis-à-vis des accusations portées contre eux.

« Cette double affaire, jamais vu encore lors d’un procès, pose question. D’un côté nous avons monsieur de Herrería accusé de meurtre et de résistance, coups et blessures portés envers monsieur Yvon Enbavé, et de l’autre côté mademoiselle Eryn McGraw, également accusée de résistance qui aurait empoisonné cette pauvre secrétaire à l’aide d’une seringue, parce qu’elle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Seul lien entre les deux affaires ? Le temps. En effet, les évènements se passent à la même période, ce qui pourrait expliquer le choix de monsieur Opalinski de traiter les deux affaires lors du même procès. A en voir les familles des victimes tout à l’heure, on ne peut rester insensibles devant leur tristesse d’avoir perdu un être cher. Comment faire le deuil de leur fils, mari ou père et encore celui de fille alors que les meurtriers courent toujours dans la nature ? Eh bien moi je ne suis pas d’accord monsieur le Président, il faut rendre la justice dans cette ville. Il faut les indemniser, leur donner le sentiment que ces familles peuvent enfin faire leur deuil correctement, et leurs enfants pourront enfin reposer en paix. Alors je demande à ce que monsieur de Herrería soit condamné à trente ans de prison, dont vingt ans ferme, et à une amende de 4000€. Et pour mademoiselle Mc Graw, ma requête est la même, je répète : trente ans de prison dont vingt ans ferme ainsi qu’une amende de 4000€.
Mais ce n’est pas fini. Monsieur de Herrería exige également réparation. Comme nous venons de l’entendre d’après les déclarations, il a parlé : il a été torturé par le ministre de la Justice dans des circonstances douloureuses. Son salut ne vient que de deux femmes et d’un policier qui l’ont sorti de là. Alors je vous demande monsieur le Président puisque cette affaire est extérieure au procès, de condamner monsieur Opalinski à une amende de 5000€ pour coups et blessures aggravés, ainsi que de suspendre les activités de sa salle de torture pour une durée de six semaines. »


Le Procureur se rassit puis le Président donna la parole à l’avocat de la défense des accusés. A commencer par celui de monsieur de Herrería, son affaire ayant été traitée en premier.

« Monsieur le Président, monsieur le Procureur, messieurs dames les jurés, en ma qualité d’avocat, je viens vous faire part de mes interrogations. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi des traces d’ADN avaient été retrouvées sur le corps de la victime ? Et s’il ne s’agissait que d’une bousculade ? Les évènements du 3 février laissent envisager cette possibilité. D’ailleurs, pourquoi en condamner un seul, quand d’autres ont été également tué dans des conditions pires que celle de monsieur Enbavé ? Je ne comprends pas cela, comme je ne comprends pas pourquoi vous avez recherché dans le passé de mon client des évènements qui pourraient expliquer son acte aujourd’hui. Pourquoi rebrasser des choses passées alors que nous traitons une affaire datant de février ? J’ai eu l’impression tout au long de cet interrogatoire que peu d’éléments sur cette affaire sont ressorties. Manquez-vous tant d’informations sur le moment des faits ? C’est l’impression que j’ai eu lorsque j’ai lu ce dossier. Il y a pratiquement autant d’informations sur le passé de monsieur de Herrería que sur l’affaire, ce que en l’occurrence est faible. Et cette haine qu’il aurait envers les races, s’où la sortez-vous ? Comment pouvez-vous juger l’opinion d’un homme sans le lui avoir préalablement demandé ? Si vous me le permettez, j’aurais une question à poser à mon client. »

Le Président se demanda un instant si l’avocat ne se moquait pas de lui. En général, aucun ne posait de question lors de son monologue. Après un instant qui dura assez longtemps, le Président répondit.

« Faites, monsieur Lenoir

- Monsieur de Herrería, êtes-vous marié ?

- Je… Oui, je suis marié.

- Comment se prénomme votre épouse ?

- Luz, mais je ne vois pas…

- Luz de Herrería, ange, adjointe au ministre de l’Integration, c’est bien elle ? Et pourtant, vous l’aimez, n’est-ce pas ?

- Quel est le rapport…

- Répondez à la question. Aimez-vous votre femme ?

- Oui.

- Et ceci malgré sa nature. Vous en prendriez-vous à elle parce
qu’elle travaille pour le gouvernement ?


- Jamais de la vie !

- Merci.

Comme vient de me le montrer monsieur de Herrería, il aime sa femme. Et pourtant, elle est un ange. Ne venez pas me dire qu’il a une dent contre les anges, puisque sa femme siège au gouvernement. Cette accusation de faire partie de la résistance est grotesque. Il n’est pas possible de le prouver réellement. Mon client a-t-il été surpris en train de distribuer des tracts ? De poser une bombe à la mairie ? De faire de la publicité pour le mouvement ? Non, rien de tout cela. Vous ne pouvez pas vous permettre de le condamner pour cela, rien n’a été prouvé. Idem pour les accusations portées contre lui. Mon client n’a pas avoué. Les faits ont beau être là, il manque vraisemblablement des éléments pour l’inculper. »


L’avocat se rassit, et l’affaire s’enchaîna tout de suite sur l’avocat de la défense d’Eryn.

« Monsieur Lenoir a déjà dicté les grandes lignes de cette affaire, et je le rejoins sur certains points. Pour condamner ma cliente, il manque des preuves à ce dossier, preuves trop tangibles pour que la condamnation soit juste. Avez-vous pensé monsieur le Président à l’éventuelle possibilité que mademoiselle Mc Graw soit innocente ? Regardez-là, cette affaire l’effondre : elle est lasse, elle en a marre, elle veut que toute cette histoire se termine. Prenez le temps d’observer combien cette jeune femme se comporte et reprenez les premiers témoignages entendus. Son entourage la connait et ils sont tous unanimes sur ce point : jamais elle n’aurait fait de mal à quiconque, jamais. Rien n’a été retrouvé sur la secrétaire, aucune trace de son ADN ou d’un élément lui appartenant. Les témoins ont pu faire erreur sur la personne, sans doute était-ce une autre femme sur les lieux de l’affaire. Après cinq mois, il est possible de la confondre avec quelqu’un d’autre, tout a été si rapide pendant les faits, on ne peut pas se souvenir précisément. Elle n’en peut plus, elle n’aurait jamais dû rentrer dans cette histoire, pourquoi est-elle amenée à comparaître devant les tribunaux ? Elle n’a jamais rien fait de mal, elle travaille au musée d’archéologie depuis un moment et jamais elle n’a eu le moindre problème. C’est une femme comme tout le monde, qui ne cherche pas à faire du mal. Monsieur le Président, Monsieur le Procureur, Messieurs Dames les jurés, ne condamnez pas cette innocente. »

Dernier avocat à passer, celui des victimes. Le Président lui donna la parole, et il enchaîna directement après l’avocat de la défense.

« Mes clients exigent réparation monsieur le Président. On leur a pris des vies, ce sont leur deux enfants qu’ils ont perdu : cette secrétaire n’a pas cherché des ennuis pour mourir dans ces conditions. Monsieur Enbavé faisait en sorte que la loi de Réversa soit respectée pour éviter les débordements. Mettez-vous à leur place monsieur le président, regardez-les aujourd’hui, installés ici pour réclamer la justice de leur ville. Eux aussi en ont marre de cette affaire, ils veulent en finir avec tout ça. Monsieur Opalinski a perdu deux merveilleux employés, et il a dû trouver des remplaçants à leur hauteur, ce qui n’a pas été de tout repos. Ils ont eu le courage de se présenter au tribunal aujourd’hui, pour entendre les dires de chacun concernant la mort de leurs enfants. Ce sont de évènements très douloureux pour eux qui ont été ressassés, si tout cela n’était pas arrivé, monsieur Enbavé s’occuperait de son fils, la secrétaire passerait son dimanche en famille. D’ailleurs, mademoiselle McGraw ayant l’air tellement effondrée à ce que vous disiez monsieur l’avocat, et si elle se jouait de vous ? Et si, en bonne comédienne qu’elle est, elle se montrait effondrée pour que tout joue en sa faveur ? Les femmes sont viles et fourbes, pour parvenir à leurs fins, tous les moyens sont bons pour faire pencher la balance en leur faveur. Et cette histoire d’aimer sa femme pour monsieur de Herrería, avez-vous au moins vu le mari et sa femme ensemble à la terrasse d’un café ? Vivent-ils ensemble ? Même pas. Comment pouvez-vous savoir si l’accusé aime sa femme ? Il faut le croire sur parole bien évidemment ! Belle petite mise en scène, on y aurait presque cru. Les familles des victimes exigent réparation, ils obtiendront réparation, si cette affaire est traitée dans de bonnes conditions. »

Le procès entra à présent dans sa phase de débat. La parole est donnée à la partie civile, au Procureur général, à l’accusé. Il y avait possibilité de répliques et de réponses, le président n’intervenant pas dans la phase de débat. Les accusés eurent toujours le dernier mot, puis les débats furent clôturés. Le dossier avec les pièces du procès, fut remis au jury. La cour et les jurés quittèrent la salle, le public se leva au moment où la cour quitta la salle. Il ne restait plus qu’à attendre la délibération des jurés. Une heure, deux heures, combien de temps l’affaire allait-elle être débattue ?



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Posté le Mar 30 Aoû - 14:05, vous pouvez
Chapitre 10

Quelques heures plus tard, la cour et les jurés revinrent dans la salle du tribunal. L’un des jurés se leva afin de prononcer le verdict.

« Hélias de Herrería est déclaré coupable du meurtre d’Yvon Enbavé et de faire partie du réseau appelé « résistance ». Il est condamné à trente ans de prison dont vingt ans ferme ainsi qu’une amende de 4000€ de dommages et intérêts pour les familles des victimes.
Mademoiselle Eryn Mc Graw est quant à elle déclarée coupable de meurtre et coupable de faire partie de la résistance. Elle est condamnée à trente ans de prison dont vingt ans ferme ainsi qu’une amende de 4000€ de dommages et intérêts pour les familles des victimes.
Quand à monsieur Opalinski, il est également déclaré coupable pour coups et blessures portés à l’encontre de l’accusé de Herrería et amené à payer une amende de 5000€. »


Le président annonça que l’audience était levée et les accusés furent transportés vers la prison de Réversa.
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Posté le Mar 30 Aoû - 14:05, vous pouvez
Fin du procès
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Procès du 1er juillet 2011 [Narration]

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