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 Sleeping with ghosts [Edana]

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Posté le Mar 4 Avr - 22:18, vous pouvez
Il n’avait aucune idée de ce qu’il faisait là.

Le vent encore froid de la Grande Bretagne lui fouettait le visage, mais lui, il ne réagissait pas. Ne bougeait pas. Si mauvaise idée de rester là sans bouger dans un parc désert où les dealers aimaient vendre leur came, alors qu’il faisait de plus en plus sombre. Mais il s’en foutait. Il ne bougeait pas. Ne respirait presque pas. Et surtout, essayait de réfléchir le moins possible, de ressentir le moins possible. Peine perdue. C’était tellement… Flou. Il ne savait pas du tout ce qu’il faisait là. Plus encore, il n’avait aucune idée de ce qu’il s’était passé en un an. Un an ? Il ne savait même pas exactement quel âge il pouvait bien avoir. C’était tellement lointain… L’humain s’était enfoncé dans le brouillard pendant toute la journée, doucement, sournoisement. De façon assez subtile pour qu’il ne comprenne pas exactement ce qu’il se passait. Sinon qu’il rouvrait une blessure anciennement à vif qu’il avait enfin réussi à refermer, comme si elle n’avait jamais existé. Durant plus d’un an.

Cette pensée l’asphyxia durant de longues secondes, jusqu’à ce qu’il reprenne son souffle. Tu as cru pouvoir fuir, n’est-ce pas ? Recommencer à zéro ? Comme il avait été stupide. Il le savait, tout comme il ne comprenait pas exactement pourquoi. Il se sentait glacé. Vide. Mort. Sans rien pouvoir faire pour qu’il se sorte de là. Impossible de bouger, impossible de penser – du moins de façon clair. La seule chose qu’il pouvait faire, c’était subir. Comme la première fois.

Il ne se souvenait même pas de façon limpide de ce qu’il s’était passé. Juste une scène, banale, qui lui avait fait un drôle d’effet, sans qu’il n’en comprenne la raison sur le coup. L’humain avait été troublé, mais ne s’était pas trop attardé dessus. Du moins, pas sur le coup. Ensuite, les souvenirs avaient commencé à revenir. Mais une autre partie de lui, celle qui ne voulait pas mourir une seconde fois, celle qui n’avait pas eu le temps de se développer, qui avait été avortée, luttait. Et c’était pour ça qu’il était là. Parce qu’il ne voulait pas mourir une seconde fois.

Ils t’ont laissé tomber, n’est-ce pas ? Lyle crispa sa mâchoire à cette pensée. Et le pire étant sans doute qu’ils avaient pensé rattraper leur erreur d’un simple « désolé ». L’humain fronça les sourcils. Il ne comprenait pas vraiment ce que lui-même entendait par là. Il devait faire quelque chose. Essayer de trouver comment il en était arrivé là. De façon floue, il se voyait tituber dans les rues, puis ranger son téléphone car dans l’incapacité totale de taper quoi que ce soit. Il avait essayé d’envoyer un SMS en se sentant glisser, mais il ne se souvenait plus du tout à qui le message aurait été destiné. Car de toute façon, dans sa tête nous étions en 2000. Il ne l’avait pas encore rencontrée. Mais les flashs avaient continués d’essayer de remonter à la surface, encore et encore, tandis qu’une autre partie de lui tentait désespérément de tout refouler. Le plongeant dans une opacité de plus en plus épaisse. Et il avait terminé ici, sans trop comprendre pourquoi, pâle comme la mort et bouillonnant de quelque chose qui vacillait entre une profonde tristesse et un désarroi absolu.

Il y avait eu le chemin en voiture, et puis ils étaient arrivés. Et puis… Il n’arrivait plus à respirer, et ça par contre ce n’était pas qu’un souvenir opaque. Inspirant profondément comme s’il avait failli se noyer, il mit un temps à se calmer avant de regarder autour de lui. Il n’était plus dans le parc, et il commençait à faire super tard. Assis dans un canapé qu’il ne reconnaissait absolument pas, Lyle regarda autour de lui. Un salon vide, épuré à l’extrême, mais dans un foutoir qu’il n’avait que rarement connu. De là à faire le lien entre ses mains qui l’élançaient et certains trucs cassés il y avait un pas… qu’il ne franchirait pas. Pas en état pour réfléchir de façon suffisamment claire. Un appartement qui ne lui disait absolument rien. Pourtant, il s’en foutait. Il s’en foutait définitivement de tout maintenant. Y comprit des bruits de pas qu’il entendait loin, loin dans le brouillard.


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Je n’ai jamais été fidèle Et je n’ai jamais été quelqu’un de confiance Limite schizophrène Et fouteur de merde indiscutable Je n’ai jamais été loyal Si ce n’est à mon propre plaisir Je suis un marginal à jamais Le résultat d’un foyer brisé Je n’ai jamais été fidèle Et je n’ai jamais été quelqu’un de confiance Limite maniaco-dépressif Toujours à te casser les couilles Je n’ai jamais été reconnaissant C’est pourquoi je passe mes journées seul Je suis un marginal à jamais Le produit d’un foyer brisé

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Edana J. May
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Posté le Mer 14 Juin - 18:04, vous pouvez

Nico
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Sa nuit avait été épouvantable. C'était ce genre de jours où l'on sait que sa vie ne serait qu'un sombre enfer et que rien ne pourra fonctionner comme on s'y attend. Depuis que la Révélation avait eu lieu, les nuits et jours des Conseillers n'avaient été qu'une multitude de misère et de problèmes. On leur était tombé sur le dos comme si toute cette situation, ces siècles d'erreurs, était de leur faute. Oh bien sûr, ils avaient fait un terrible travail à garder le secret Réversien caché de tous, mais en dehors de tout cela, la ville se portait tout de même bien mieux que sous certains gouvernements. Déjà, eux, on essayait pas de les assassiner. Si ça c'était pas du progrès ? Toujours était-il qu'on leur faisait faire des tas de choses sans sens ces derniers jours et qu'elle n'en pouvait littéralement plus. Et puis... le vent tournait, ça se sentait réellement. Comme si quelque chose de catastrophique allait arriver. L'air était aussi électrique que les tensions qui agitait la Couronne et Réversa. Et toute cette histoire se terminerait dans un bain de sang total. Ça Edana pouvait le deviner sans problème.

Son téléphone vibra et une part d'elle espérait qu'il s'agissait de la réponse de son grand père pour le départ d'Evannah pour la France. Un papier falsifié et la jeune femme avait soi-disant envoyé l'enfant chez son père qui demandait sa garde. Un crève coeur, des changements de papiers pour l'enfant, une perte de pouvoir pour la jeune femme, mais il lui était impossible de ne pas faire tout ce qu'elle pouvait pour éloigner sa fille du chaos ambiant. Elle lui en voudrait sans doute pour le restant de ses jours, mais au moins, la télépathe lui offrait la possibilité de s'éloigner du sang et de la douleur pour une durée qui lui serait la plus longue possible. S'il devait lui arriver quelque chose, les précautions nécessaires étaient prises. De l'école primaire jusqu'à l'université, l'enfant avait de quoi largement survivre, des tuteurs et précepteurs de confiance pour l'encadrer et un avenir brillant tracé. C'était tout ce que la jeune femme pouvait lui offrir en l'instant. Mais malheureusement, ce n'était pas encore les derniers détails avant la grande séparation avec Evannah, mais un sms plutôt... troublant de Lyle. Hmm. On pouvait dire que ce n'était pas spécialement quelque chose d'hyper courant non plus et surtout elle ne comprenait pas trop ce qu'il signifiait. Mais vu l'état dernier du jeune homme, le laisser sans réponse serait absurde. La brune attrapa donc ses clés de voiture et de débarquer là où il habitait.

L'aristocrate n'était pas très habituée de l'endroit, loin de là. Il lui fallut donc quelques minutes pour trouver le bon appartement, même si une fois devant, l'évidence la frappa. Une porte légèrement entrouverte pour l'accueillir et un son totalement inaudible. Elle s'arrêta un instant avant de pousser le morceau de bois et grinça lorsque son pied craqua un morceau de verre. Vu le bordel ambiant, la crise qu'il avait eue avait dû être épique. Et vu l'état dans lequel il se trouvait dans son divan, l'air perdu et totalement déconnecté, le bordel dans sa tête devait être identique.

« Hé. Lyle ? »

La brune s'avança en douceur dans la pièce, les mains en l'air, le plus lentement possible pour ne pas le surprendre. Parce que la dernière chose qu'elle avait besoin c'était que monsieur se braque. Il n'était pas spécialement musclé, mais elle savait que sous cette apparence presque délicate – terme stupide quand on parlait de Lyle – se cachait une certaine force quand même.

« C'est moi. Tu viens de m'envoyer un message. Tout va bien ? Il s'est passé quelque chose ? »

On ne savait jamais qu'il était rentré pendant un cambriolage ou on ne savait quoi. La jeune femme souffla doucement avant de pousser un débris du pied. Mais lorsque ses yeux se posèrent sur ses mains, il n'y eut plus de doute pour la suite.

« Tu as besoin d'aide ? »




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Posté le Dim 18 Juin - 17:54, vous pouvez
Une voix l’appela, un peu plus loin dans le brouillard. Lyle tourna lentement la tête et dévisagea l’inconnue qui s’avançait vers lui, les mains levée en signe de paix. L’humain ne répondit pas, l’air absent toujours collé sur son visage. Il jeta néanmoins un vague regard à côté de lui. Il n’avait aucun souvenir d’avoir envoyé quoique ce soit, mais il y avait effectivement son portable à côté de lui. Lyle s’en désintéressa tout aussi rapidement pour revenir vers la brune qui venait de rentrer. En vérité, il y avait à peu près toutes les chances que le message ait été envoyé à la mauvaise personne. Entre May et Maë… Lorsque l’on était en train de perdre pied, la différence était si minime. Les yeux toujours aussi vides d’expression, le trentenaire recentra son attention sur l’intruse – si on pouvait parler d’attention quand un rien suffirait à le faire sombrer de nouveau dans la sorte d’état catatonique dans lequel il pataugeait pour la seconde fois de sa vie.

« Je ne sais pas. Il s’est passé quelque chose ? »

Demanda-t-il l’air perdu, lointain. N’importe qui l’ayant croisé auparavant serait choqué de la différence entre ce qu’il avait pu être et le fantôme se tenant droit assis sur le seul meuble n’ayant pas souffert de son apparente crise de rage passée. Besoin d’aide ? L’humain ne lui accorda même pas un autre regard, les yeux dans le vague, perdu dans le temps. Soudain, Lyle se leva comme un somnambule et commença à ranger, comme s’il était seul dans la pièce. C’était un de ces bazars dans le coin… L’étudiant se baissa pour ramasser les livres gisant au sol, les remis machinalement dans l’étagère, puis continua son manège encore un moment. Il semblait avoir oublié l’autre présence humaine sur les lieux, mais une part de lui, infime, muette pour l’instant, continuait de traiter l’information. Mais ne l’interprétait pas de la bonne façon, les situations se superposant. Lyle s’arrêta de bouger quelques instants, puis regarda de nouveau l’autre femme. Elle devait avoir quoi, une dizaine année de plus que lui ? Pas très vieille en tout cas. En un sens, ça étonnait son esprit brumeux. Cependant, il n’était pas en état de faire des bonnes déductions.

« C’est vous l’assistante sociale qu’ils ont engagé pour faire le sale boulot, hein ? demanda-t-il doucement, étonnamment calme, neutre, presque aimable. Quitte à me mettre dehors, ils auraient quand même pu le faire en personne. »

Termina-t-il avec une pointe d’amertume dans la voix, en reprenant ce qu’il avait commencé. Aussi apparemment calme que quand ils lui avaient annoncés eux-mêmes. Tu pars. Dans deux semaines. Sur le coup, il avait été trop choqué pour répondre. En fait, il avait été trop choqué pendant deux mois, les rappelant sans trop y croire pendant un temps avant de glisser un autre moment dans une sorte d’état catatonique. Avant de devenir l’adolescent puis le semi-adulte instable qu’il était devenu, sans doute éternellement coincé à un stade émotionnel immature. Mais pour le moment, on n’en n’était pas encore là. Tandis qu’il continuait de remettre les choses en ordre, allant et venant dans la pièce de façon mécanique, son regard finit par s’attarder sur sa main. Elle ne pouvait pas être aussi grande. Elle n’était pas aussi grande. La panique qu’il s’efforçait jusqu’ici de ne pas laisser enfler le fit lâcher les livres qu’il avait à la main, qui s’effondrèrent mollement au sol. De toute façon, il voyait les choses de beaucoup trop haut. Et ça aussi, ce n’était pas normal. S’obligeant à déglutir, la gorge serrée, il porta une nouvelle fois attention à Edana, qui lui apparaissait toujours comme une inconnue qu’il n’avait jamais vue.

« Je n’ai plus 13 ans depuis un moment, je me trompe ? »

Arriva-t-il à articuler, luttant pour ne pas laisser la panique le submerger. Ses jambes vacillèrent un moment, l’obligeant à porter une main en appui sur l’étagère pour ne pas tomber. Une fois stable, il lança une nouvelle fois un regard trahissant sa détresse à Edana, et parvint tout juste à murmurer :

« Mais qu’est-ce qu’il se passe… ? »



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Edana J. May
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Posté le Lun 19 Juin - 18:18, vous pouvez

Nico
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Lyle & Edana


Le décor ambiant parlait pourtant pour lui-même. Mais l'humain lui semblait extrêmement distant comme rongé par quelque chose. Ou plutôt comme vidé de quelque chose.

« À toi de me le dire ? »

Si on devait avouer une chose, là tout de suite, c'était que la situation était super étrange. En fait, c'était un peu comme la sensation d'entrer dans une dimension parallèle et de se retrouver coincée dans un monde qui n'était pas le nôtre. Là tout de suite, les rouages de son cerveau commençaient à mettre en place ce qui se passait mais Edana était tout de même fort larguée. Lyle et elle n'avaient jamais été proches dans le sens confidences, mais là tout de suite, le flot d'informations était beaucoup trop important. Est-ce que quelqu'un avait seulement été épargné dans cette ville de malades ? La brune se posa contre le mur, attendant patiemment que Lyle finisse sa crise de maniaquerie aiguë. Que pouvait-elle faire autrement ? Cela ne l'empêcha pas d'écarquiller les yeux de temps à autres et de ne pas comprendre vraiment ce qu'il voulait dire. La brune le laissa pourtant s'exprimer sans pour autant intervenir. Autant dire que l'aristocrate était totalement perdue alors que le... gamin... semblait lui parfaitement au courant de quelque chose. Un sentiment profond de malaise la saisit alors et la jeune femme ne put s'empêcher de ressentir une certaine pitié pour son... ami ? Amant ? Allez savoir vraiment.

Devant sa question, la jeune femme secoua négativement la tête, comme pour répondre du mieux qu'elle le pouvait. Edana May, assistante sociale. S'il y avait bien un métier qu'elle n'aurait jamais pu faire c'était celui-là. Déjà qu'elle n'était pas forcément hyper stable, mais les gamins qu'on croisait dans ces milieux, c'était plutôt des cas perdus.

Et il continuait son rangement comme s'il s'agissait de quelque chose de normal. Peut-être qu'elle aurait dû appeler Maë dans la seconde, histoire d'éviter de se salir les mains, mais quelque chose l'en empêcha. Peut-être simplement le souvenir de sa propre détresse à un moment et du fait qu'elle aurait voulu qu'un minimum de personnes y assistent. La télépathe doutait sincèrement que Lyle ait fait attention à qui il appelait à l'aide lorsqu'il avait eu le réflexe d'envoyer ce message, mais Edana pensait le connaître suffisamment pour savoir que lorsqu'il reprendrait ses esprits, il n'allait pas apprécier ce qu'il venait de se passer. Autant limiter les dégâts pour le coup.

Et puis il s'arrêta. Net. Et la jeune femme se tendit tout en lui jetant un regard inquiet. Ce n'était jamais bon signe, des arrêts sur image comme ça. C'était généralement très très mauvais signe. Et lorsque la question frappa, on pu lire sur le visage de l'humaine que non, elle n'était pas préparée du tout à ce qui allait arriver.

Oh. Shit.

Durant sa propre amnésie, on l'avait prévenue que certains moments pouvaient être réellement perturbants, autant pour elle que pour ses proches. Que cela pourrait débloquer des souvenirs complètement enfouis et enterrés depuis très longtemps. On ne l'avait pas prévenue que cela signifiait également de les faire vivre aux autres. Et qu'au delà de la perturbation, c'était surtout la gène que cela occasionnerait qui serait vraiment pénible à vivre.

« Il faut vraiment qu'on arrête d'avoir cette conversation. »

Elle avait murmuré cette phrase tout bas, comme pour se donner un minimum de courage. La Conseillère se décolla alors du mur et s’avança, avant de s'asseoir dans le sofa.

« Tu devrais t'asseoir. Au fait, moi, c'est Edana. »

Elle patienta quelques instants, guettant sa réaction. Peut-être que ça l'aiderait, peut-être pas. En tout cas, c'était assez compliqué et la brune ne savait pas vraiment comment gérer tout ça.

« Tu as eu... une sorte d'accident il y a quelques temps. Tu as perdu la mémoire. Et effectivement, tu n'as plus 13 ans. »

Et c'était plutôt pourri qu'il revive ce moment-là apparemment. La brune passa une main dans ses cheveux avant de souffler.

« Je ne suis pas sure que tout te raconter soit une bonne idée. Je crois que le minimum devrait suffire. Et qu'on devrait appeler un médecin pour t'examiner. »

Comment ils avaient pu relâcher dans la nature un type qui venait de passer le Rituel et qui avait perdu la mémoire sans vraiment faire de suivi ? C'était assez incroyable. Ils avaient pourtant assez de médecins dans la ville et Mithra aurait été plus que ravi de suivre certains dossiers de près. Elle se leva et se dirigea vers la cuisine avant de ramener un verre d'eau au jeune homme.

« On va régler ça okay ? Est-ce que tu veux que je joigne Maë ? Elle est médecin maintenant. »




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Posté le Jeu 22 Juin - 23:58, vous pouvez
Il n’entendit pas sa prière murmurée pour que tout s’arrête, mais en un sens quoique d’une toute autre manière, il faisait la même. Son monde s’écroulait déjà sous ses pieds mais maintenant qu’il comprenait que même ça était soumis à une incohérence temporelle, c’était encore pire. Tout ça, il l’avait donc déjà vécu… Plus encore, il y avait survécu. Mais à quel prix ? Ca, il avait la sensation qu’il n’allait pas tarder à le savoir. L’humain hocha doucement la tête et après une légère hésitation, s’avança lentement vers l’inconnue et alla s’assoir à une distance raisonnable de cette dernière. Elle était plus petite que lui, certes, et si elle avait été une nocturne, il l’aurait su tout de suite. Mais il avait toujours été quelque peu méfiant, et en temps de crise – et là, c’était une situation de crise – cet aspect de sa personnalité avait tendance à s’accentuer. En un sens, ça l’avait tenu en vie jusqu’à ses 30 ans.

Il déglutit une nouvelle fois et finit par hocher la tête quand elle lui expliqua la situation. Une telle situation avait l’air tout droit sortie d’Amour, Gloire et Beauté… Et cette référence ne venait pas de lui, mais il ne savait pas de qui. Il était suffisamment entre deux eaux pour que cette pensée le reperde de nouveau, et il ne réagit pas lorsqu’elle avança l’idée d’appeler un médecin. Un médecin, pourquoi déjà… ? Ah oui, il perdait la boule. Le monstre était en train de bouffer pour la seconde fois le gentil petit garçon. En fait, l’image n’était pas tout à fait appropriée, du moins, pas tout de suite. Pour le moment, le gentil petit garçon était encore là, mais le monstre aiguisait les couteaux et s’apprêtait à refaire un festin qu’il ne s’attendait pas à réitérer quand il avait eu lieu, dix-sept ans auparavant. Une main tenant un verre d’eau sortie de nulle part le tira de sa torpeur, et plus par réflexe que par réel besoin, Lyle hocha la tête et attrapa ce qui lui était tendu sans le porter à la bouche. Néanmoins, le contact avec la matière lui servait presque d’encre avec la réalité, lui permettant de réagir à ses propos. Le jeune homme fronça les sourcils.

« Qui est Maë… ? »

Il ne la rencontrerait que plus de dix ans plus tard, par un croisement de conjonctures improbables. Il ne connaissait même pas encore Anthéa, à l’époque fictive où il se trouvait actuellement. En fait, il était seul dans cette galère, même avec cette femme auprès de lui. Mais en un sens, elle le rassurait. Un peu. Il ne savait pas d’où elle sortait, mais elle restait, alors que la situation était absolument chaotique. Elle aurait juste pu se contenter de refiler le cadeau à quelqu’un d’autre, mais non. Certains n’ont pas eu le même comportement. Sa mâchoire se serra à cette pensée.

« Je ne suis pas vraiment sûr qu’un médecin servira à quoique ce soit vous savez… Je crois que le souci est… vous savez. Dans ma tête. »

Cette phrase le fit éclater de rire, mais d’un rire amère, qui sonnait de façon bizarre, presque comme s’il étouffait un hurlement. Et en vérité, il n’en n’était pas si loin. Mais il gardait son sang froid, comme il l’avait fait auparavant. Son visage se tourna vers l’entrée, où un bout de miroir lui permettait de voir comment il avait évolué. Il resta impassible, mais il n’en pensa pas moins. Il avait l’air… Vieux. Il avait quoi, une trentaine d’années environ ? Il reporta lentement son attention sur Edana, de nouveau vide. Il ne s’en rendait pas compte, mais il avait laissé un blanc s’installer durant cinq minutes. Désormais, il avait la sensation que les choses se reconstituaient lentement dans sa tête.

« Tout cela s’est déjà passé, hein ? Y a plus qu’à tout remettre en ordre. Demanda-t-il, même si ce n’était pas une vraie réponse. Je ne suis pas certain de le vouloir, honnêtement. Mais je n’ai pas vraiment le choix, n’est-ce pas ?»

Autre question rhétorique suivi d’un nouveau rire amère presque inquiétant. Il ne la regardait plus, le regard dans le vague. Pourtant, il était bien là. Là et ailleurs en même temps.

« En même temps en un sens, ça fait un moment que je ne l’ai pas eu. J’ai pas eu le choix de naître humain dans une famille de lycans quasi suprématistes, et on m’a clairement pas donné ma voix au chapitre quand ils m’ont foutus dehors. »

Termina-t-il de façon froide, absente.

« Et après… Je ne sais plus. Je sais juste qu’ils m’ont laissé chez le couple d’humains et ça redevient le brouillard. Nouveau long silence. Au fait, vous êtes qui exactement ? Pourquoi vous restez ? »

L’humain plissa les yeux.

« Vous attendez quoi de moi ? »

Demanda-t-il de façon toujours froide, méfiante. Il revivait lentement les événements des quinze dernières années, et autant dire que c’était brutal.


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Edana J. May
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Posté le Dim 20 Aoû - 11:15, vous pouvez

Nico
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Lyle & Edana


Toute cette situation avait de quoi être réellement perturbante. En réalité, elle l'était vraiment. Et en quelques instants, les deux jeunes gens se découvraient comme ils ne s'étaient jamais découverts en des années de plans culs en tout genre. En même temps, les confidences sur l'oreiller ce n'était pas dans leurs caractères respectifs. Alors bon, ils s'appréciaient un minimum, prenaient du bon temps, s'éclataient comme ils le voulaient, sans prise de tête. Mais là, tout de suite, Edana regrettait tout de même un peu de ne pas s'être penchée sur le cas Lyle Abrams avant de se fourrer dans un tel pétrin. Parce que savoir ce qu'avait traversé le jeune homme et comment l'appréhender aurait été plus simple que de foncer dans une inconnue totale. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres tandis qu'elle se mouvait inconfortablement sur la table du salon. Prendre des pincettes, ce n'était que rarement son genre. Et là tout de suite, on ne pouvait pas dire que le choix était un autre.

« Quelqu'un que tu connais. Une amie. Que je pensais déjà dans ta vie à ce moment-ci. Manifestement j'ai dû me tromper. »

La brune garda le silence quelques instants, tentant de chercher une solution qui pourrait un minimum les aider. Lui, surtout. Parce que clairement, il ne pouvait pas rester aussi paumé. Et Réversa n'était pas dans un état suffisamment stable pour qu'elle prenne le risque de l'amener à l'hôpital. Ils avaient été prévenus que des changements arrivaient et la télépathe n'était pas spécialement emballée par l'idée de le plonger dans d'autres emmerdes. Il ne manquerait plus que son cerveau ne se dérègle complètement et on aurait atteint des summums de la folie.

Un rire léger, sans joie, en écho au sien, se faufila du fond de sa gorge avant qu'elle ne plonge ses yeux dans ceux de Lyle. On l'avait aidée à recouvrir la mémoire, il y avait des années, mais Edana n'était pas certaine de vouloir rendre la pareille à l'humain. Peut-être parce qu'elle avait peur de ce que ça lui ferait, peut-être parce qu'il serait mieux avec des illusions. Et la possibilité de recommencer à zéro. Et surtout, parce que ce n'était pas son rôle.

« C'est une façon de dire les choses. Mais ce n'est pas vraiment un problème. C'est une conséquence, rien de plus. Rien n'est ta faute. »

Elle ne savait pas vraiment si d'autres paroles seraient plus sages ou si celles-ci pourraient être un semblant utiles. L'aristocrate le dévisagea alors qu'il s'observait dans le miroir et un poids s'installa dans le fond de son estomac. Être perdu d'une telle manière n'était pas dans les habitudes du brun, bien loin de là. Même la dernière fois, alors qu'il l'avait abordée dans ce bar, il n'avait pas perdu sa morgue et son tempérament. Certes, les choses étaient largement différentes mais cela n'empêchait pas qu'il n'était pas comme il était en cet instant. Vidé de sa personnalité.

La Conseillère hocha la tête pour répondre à sa question. Oui tout cela s'était déjà passé, mais dans de bien meilleures circonstances. Un sourire contrit se plaça sur ses traits tandis qu'elle était celle qui détournait le regard à présent, alors que lui-même regardait dans tous les sens pour ne pas avoir à la fixer. Elle comprenait. Parce que dans sa recherche de sa propre identité, elle s'était à nouveau perdue. Adieu le nouveau départ, adieu les illusions. Juste la triste réalité d'une vie imposée, et pas des plus tendres. Et plus il lui racontait sa propre histoire, plus elle comprenait. Combien une nouvelle vie devait être tentante et agréable. Et plus il continuait et plus l'humaine parvenait à saisir l'étendue des dommages qui avaient été portés sur lui. Ce n'était peut-être pas physique, mais son comportement, ses émotions toujours bridées, devenaient presque logiques. Alors la télépathe écouta, avec patience, en silence, jusqu'à ce qu'il ne désire plus continuer ses confidences. Le poids dans son estomac était toujours plus pesant, toujours plus intense et la brune se sentait au bord de la nausée. Parce que personne ne méritait vraiment ce genre de vie. Personne ne choisissait d'être ce qu'il était, au plus profond de son ADN. Comme quoi, effectivement, les lycans étaient de vrais connards, quoiqu'ils en disent.

Sa question la surprit passablement, lui faisant redresser la tête dans sa direction. Elle ouvrit une première fois la bouche, prête à répondre, avant de se raviser. Répliquer sur le vif ne serait jamais une chose positive, personne ne pouvait dire le contraire. Alors Edana prit quelques secondes avant de reprendre.

« Nous sommes amis. Toi et moi. Enfin, en quelques sortes. Et c'est tout ce que je veux être pour le moment. Ton amie. »

Les yeux azurs se glissèrent dans les prunelles du brun.

« Reste à savoir si tu veux que je t'aide ou non. Je peux encaisser pas mal. Et être utile d'une manière ou d'une autre. Si c'est ce que tu veux. »

Oui, l'humaine lui proposait clairement d'utiliser son don sur lui s'il le désirait. L'avantage de la télépathie, c'était qu'on pouvait toujours tenter d'implémenter des idées chez l'autre, d'une manière ou d'une autre. Adoucir la réalité, l'alterner légèrement pour la rendre plus agréable. Ou accélérer le processus pour que cela soit moins difficile à supporter ensuite. Parce que ce n'était jamais une partie de plaisir de découvrir qu'on avait toujours eu une véritable vie de merde.




You know I love it when you say you're afraid But you hate it when I'm making you shake Hang the truth from a noose Put a hit man on the loose Now you're countin' on me makin' you dead Shinedown, it all adds up

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Posté le Dim 3 Sep - 1:47, vous pouvez
De façon floue, lointaine, il sentait sa consternation, qu’il pensait mêlée à un peu de gêne à l’écoute des bribes qu’il lâchait petit à petit, sans vraiment le faire exprès. Lyle n’en n’était pas réellement surpris, sans vraiment comprendre pourquoi. S’il avait été dans son état normal, il aurait dit que c’était plus simple de ne pas s’intéresser à quelqu’un en profondeur. Que s’accrocher à l’extérieur était plus simple. Qu’en savoir plus sur quelqu’un, c’était peut-être, sinon une clé de connaissance absolue, au moins une possibilité de comprendre. Que peut-être que comprendre mettait soi-même en danger, ne serait-ce que parce qu’elle contredisait tout ce qu’on avait pu penser, que ça obligeait à s’inquiéter. Ou alors, tout simplement que personne n’avait envie d’en savoir plus sur le salaud, encore moins sur le plan cul. Définitivement, cette façade qui était devenue sa vraie face avait été pratique. Elle était cependant bien lointaine actuellement.

Parler ne lui faisait même pas réellement de bien, trop perdu pour ressentir un quelconque soulagement. Il fallait qu’il se passe quelque chose. Qu’il régresse ou qu’il avance, mais il ne pouvait plus rester comme ça, il en avait tout de même conscience. L’humain ne comprenait pas vraiment ce qu’elle entendait par « l’aider », et à vrai dire, ne voyait absolument pas comment qui que ce soit pourrait arrêter ça autrement qu’en le shootant à mort… voir d’une autre façon qu’en le tuant. Mais une partie de lui, lointaine, comprenait de façon diffuse ce qu’elle voulait dire, intuitait aussi que c’était dangereux. Il resta immobile un moment en soutenant son regard. Puis, le trentenaire hocha doucement la tête. Même s’il ne comprenait pas tout, c’était tout de même mieux que cet horrible statut quo auquel il avait pourtant tenu toute sa vie. Sur l’instant, il ne sentit pas grand-chose. Enfin, Lyle eut un sursaut lorsqu’il ressentit comme une main glacée lui enserrer l’esprit. Il eut à peine le temps de retenir un hoquet de surprise que les images survinrent par ordre chaotique.

***

L’humaine l’avait appelé d’une voix douce, rassurante. Maternelle. Mais il n’avait pas réagi. Il était assis sur le banc en fasse de la fenêtre, par laquelle il regardait dehors, le front contre la glace et les jambes repliés sur son torse. Il neigeait. La nuit était en train de tomber malgré l’heure. Peut-être l’avait-elle vu se replier un peu plus en l’entendant parler. Ou qu’elle avait tout simplement tout imaginé. La trentenaire pénétra entièrement dans la chambre en fermant la porte derrière elle. L’adolescent de treize ans ne réagissait pas. Refermant les pans de son gilet contre elle comme si c’était une couverture, Coleen fit un pas dans la chambre.

« Je me disais, ça te dirais de faire quelque chose ? Aller manger, regarder un film, discuter… Ce que tu veux ? »

Elle avait conscience que c’était un peu maladroit. Mais aussi renfermé qu’il était, il restait un enfant qui avait besoin de réconfort. Peut-être que cela lui ferait du bien. Mais elle avait un mauvais pressentiment. Elle sentait qu’il l’avait écouté, et ce sentiment fut confirmé quand il tourna lentement sa tête vers elle. Coleen déglutit discrètement. Il n’avait pas le regard escompté. Il était… froid. C’était effrayant sur un visage aussi juvénile. L’échange de regard dura un moment jusqu‘à ce qu’il se décide à parler.

« Vous ne serez jamais ma mère. »


***

Il avait la sensation d’être un fantôme, d’être là sans être là. Il avait l’impression que c’était tout cassé à l’intérieur. Il y avait lui qui avait juste de la peine et son monstre qui les haïssait tous. Et une chose était sûre. C’était beaucoup plus facile de haïr.

Aller. Aller laisse toi aller. Abandonne. Ca sert à rien de lutter contre ça. Contre moi. Contre toi-même.

Il en avait vraiment envie. Tellement déchiré entre le gentil petit garçon qu’il était – qu’il avait été – et celui qui ne demandait plus qu’à hurler qu’il ne fit pas attention à la grosse brute qu’il heurta de plein fouet.

- Eh, tu peux pas regarder où tu vas ?

Sur le moment il ne capta même pas. Il le dévisagea vaguement, mais il était toujours dans le brouillard. Toujours englué dans les toiles qui avaient été se foutre un peu partout dans son crâne. Il en avait rien foutre du mec vaguement balaise qui lui fait face.

- Et tu me réponds quand j’te pa…

Nouvelle coupure. Il s’en foutait. La seule chose qui l’emmerdait, c’était qu’il avait l’air de pas vouloir de se barrer de son chemin. Et les autres chemins d’ailleurs. Son regard auparavant vide et dans le vague se fit un peu plus perçant. Et sans qu’il ne s’en rende vraiment compte, le monstre gagnait du terrain.

- … t’es un peu limité pas vrai ? J’ai vu des mecs co…

Encore. Mais la colère commençait à enfler. C’était l’espèce de lard qui était en train de lui dire ça ? Mais c’était quoi leur soucis ? Il ne posait de problèmes à personne, alors pourquoi on ne lui rendait pas la pareille, hein ? Pourquoi lui n’avait pas le droit à un minimum de respect bordel, pourquoi lui se faisait abandonner comme un chien sur une autoroute lors d’un départ de vacances, alors que l’abrutis qui lui faisait face avait sûrement tout, et lui n’avait rien ? Rien du tout.

Sauf moi. Alors lâche prise.

Son regard s’assombrit encore plus, jusqu’à prendre une teinte haineuse qu’il n’avait jamais eu auparavant. Après tout, il était un gentil petit garçon, hein ?

- Bah alors qu’est-ce que t’as ? T’es fâ…
-
Cette fois-ci, ses paroles furent arrêtées pour de vrai, et non par son esprit défaillant. Un poing vint s’écraser violemment sur la figure du mec en face de lui qui ne devait pas être beaucoup plus vieux que Lyle, et qui gémit doucement lorsqu’il toucha le sol avec le nez en sang.


***

Roh merde, il ne connaissait que trop bien ce regard. L’ado de quinze ans jeta un coup d’oeil dégouté à sa compagne de cellule et meilleure amie de toujours. Une elfe brune de deux ans son ainée qui l’avait plus ou moins embarqué dans ce plan foireux, ce dont il ne lui en tenait pas le moins du monde rigueur. Le flic quinquagénaire le déshabillait toujours des yeux avec ce même air dégueulasse, et Anthea rendit son regard à Lyle, toujours aussi consternée. Ils n’avaient pas vraiment compris pourquoi, mais ce type avait l’air d’avoir un faible pour les jeunes garçons et le grand bonhomme intenable derrière les barreaux avait l’air d’être tout particulièrement à son goût. Contre toute attente, Lyle fit un grand sourire provoquant à son geôlier en uniforme avant de lancer d’un ton guilleret :

« Bah alors Remington, faut vous reprendre mon vieux, avant vous ne remplissiez qu’un seul seau avec votre salive ! Faites attention non seulement ça va se voir mais en plus vous allez finir par glisser dessus ! »

Il entendit Anthea pouffer de rire à côté de lui tandis que le flic renifla rapidement de mécontentement, mauvaise humeur derrière laquelle l’adolescent arrivait à décerner sans mal de la gêne. Lyle, lui, conservait son sourire moqueur tout en mâchant son chewing-gum. Il n’avait pas d’amour particulier pour la menthe mais il savait que cela accentuait le malaise du gros balourd assis sur sa chaise à roulettes, sans doute parce que ça devait l’exciter encore plus. Taré. Le malade en question finit par se lever difficilement de sa chaise, visiblement agacé par tout ce cirque, d’autant plus quand les ados turbulents balançaient leurs saillies sans baisser le volume de leur voix.

« Oh, vous vous en allez déjà ? Passez le bonjour à Catherine de ma part alors ! »

Lança Lyle en se mettant brièvement sur la pointe de pieds pour le voir quitter la salle, ce à quoi l’agent répondit en le foudroyant du regard. Il avait fait l’erreur lors d’une précédente garde à vue de laisser le nom de sa femme à sa portée, sans doute en pensant que des gamins des rues récidivistes et en foyer ne seraient pas suffisamment malin pour saisir la moindre opportunité. Outre son comportement qui n’avait rien d’une victime, c’était peut-être ce qui avait définitivement évité à Lyle d’avoir un énorme problème. Une fois la porte claquée, les deux adolescents se regardèrent, puis éclatèrent de rire.


***
L’un des deux jumeaux du foyer lui lança un regard noir, puis se mis à faire des gestes rapides et précis, gesticulation bizarre mais fascinante qui servait au jumeau sourd-muet à communiquer. Assis sur l’un de canapés de la salle commune, Lyle, alors âgé de 17 ans, darda un œil peu intéressé à son interlocuteur.

« James et Eddie sont en train de se casser la gueule dans les dortoirs, et ça a dérapé en baston générale. Je suis absolument sûr que c’est toi le responsable. »

Lui signifia rapidement le gamin plus jeune que lui de deux ans. Lyle réprima un sourire moqueur. Évidemment que c’était lui. Il avait besoin d’une diversion pour s’éclipser en douce durant la nuit. Rien de plus simple : ils étaient globalement tous tellement bêtes qu’il suffisait de dire que X avait insulté à Y, que Z se tapait la copine de Y et que W volait les affaires de X pour que ça dégénère. Souvent de façon générale alors qu’au final, personne n’avait rien fait et ne comprenait quoique ce soit. Le très jeune homme qui avait commencé à ralentir sa croissance à partir du mètre quatre-vingt cinq pour s’arrêter définitivement au mètre quatre-ving dix le regarda d’un air narquois avant que ses mains ne s’agitent à son tour.

« T’as des preuves ?

- Non, t’as raison. Mais si tu ne laisse pas mon frère et moi sortir en même temps que toi, l’alarme incendie va mystérieusement se mettre à sonner dès que tu voudras te tirer en douce. »

L’humain fit une petite grimace, et ne s’exprima pas durant quelques secondes, juste le temps de peser le pour et le contre. Le brun en face de lui ainsi que le clone qui lui servait de frère étaient trop malins pour qu’ils tombent dans une de ses magouilles avant le soir même. Et il ferait ce qu’il disait. Lyle leva les yeux aux ciels, ne sachant pas trop s’il était agacé ou si au fond, il s’en foutait totalement.

« C’est bon. Mais vous vous démerdez tous seuls, compris ? Si vous vous faites choper, ça sera de votre faute. »

Cela eu l’air de satisfaire le gamin en face de lui qui hocha la tête, puis s’en alla aussitôt.


***

Les flashs s’enchainaient de plus en plus vite, sans doute parce que plus on se rapprochait de l’époque actuelle, et moins sa mémoire avait été altérée. Les conneries. Le moment où il avait quitté le foyer. Les quatre années à bosser nuit et jour tellement fort pour pouvoir payer ses études qu’il s’endormait dans le bus et n’émergeait que lorsque le chauffeur ne venait le dégager au terminus, soit une dizaine d’arrêt après le sien. Les crasses diverses, les changements politiques dont il se foutait éperdument, sa rancœur tenace envers la lycanthropie, la première opposition difficile brisée par une manœuvre foirée de Maë, le moment où il avait découvert l’existence de sa sœur, la raclée qu’il s’était pris en laissant un William délirant penser qu’il était son père brutalement revenu à la vie, en pensant que régler ses comptes l’apaiserait peut-être… Et puis le moment où c’était méchamment partit en vrille.

***

Arrivé à la cafeteria, il inséra une pièce dans une machine pour faire couler du café. Il n’en n’avait pas spécialement envie et le café n’était sans doute pas la meilleure idée, vu son état de nerf et la situation actuelle, mais c’était ce qu’il prenait d’habitude et c’était sans doute le meilleur moyen de ne pas trop attirer l’attention dans une cafeteria d’université. Déjà que lui en présence d’un lycan était quelque chose d’inhabituel en soi, et que la différence d’âge était visible, ils n’allaient pas en rajouter une couche. L’humain alla s’assoir sur une des tables, toujours sans parler. En fait, il n’avait pas parlé depuis qu’ils étaient sortis. Il avait peur de faire ou de dire une connerie, et c’était ni le moment ni l’endroit.

Vu le peu de sympathie qu’il ressentait pour son opposé, il pouvait dire que sa présence l’emmerdait. Vraiment. Mais sa partie raisonnable, qu’il s’efforçait de museler étant donné le peu de bonne volonté qu’il avait envie de mettre dans cette relation – ou absence de relation vu comme c’était partit, lui disait de rester, d’essayer le plus possible de la boucler, et de faire un minimum. Il avait encore en tête comment il avait pu être pendant son opposition avec Sanchez. Il n’avait aucune envie que cela recommence. L’humain regarda Hélias d’un air contrarié. Finit la comédie.

« J’ai bien compris ce qui est en train de se passer et vu ta présence je dirais que toi aussi. Le truc c’est qu’on n’est très visiblement pas fait pour se côtoyer. »

Il se passa à ce moment là quelque chose de très inhabituel, quoiqu’à peine conscient malgré les images qu’il agrégeait, petit à petit. Dans le décor, quelque chose ne clochait pas. Il voyait Edana, elle-même regardant la scène en train de se redérouler dans sa tête. Il rata pourtant ce qu’il y avait de plus anormal là dedans. Le Lyle qu’il avait été avant son amnésie apparut d’un coup dans l’image et alla près d’Edana, s’asseyant à une table avant de poser son visage contre la paume de sa main, l’air vaguement ennuyé. L’humain fit un sourire narquois à Edana puis agita sa main dans un petit signe ironique.

« Oh si tu savais à quel point on n’était pas fait pour se côtoyer lui et moi. »

Ricana-t-il alors que le réfectoire changeait déjà pour devenir une ruelle sombre. L’humain, debout cette fois, les bras croisés et la mine blasée, se regardait en train de se faire massacrer par le loup d’Elias. Devant le regard d’Edana, il haussa les épaules, l’air faussement désolé.

« Eh oui. Non seulement il était complètement instable, mais en plus… Faut croire que moi non plus je ne tourne pas rond. »

Quel euphémisme. Son rire en réaction de l’expression de la télépathe se perdit une nouvelle fois et il disparut tandis que les images s’accéléraient encore. La lycanthropie ultra difficile avec retour au Lycan’s et harcèlement de Robb en cadeau, les pilules ingurgitées pour ne tuer personne, puis le Rituel, soit l’instant où sous la douleur et avec l’accumulation progressive, son esprit avait finit par le lâcher. Le décor disparut et ils atterrirent de nouveau dans son appartement, tandis que le Lyle qui était resté en sommeil pendant un an regardait avec dégout et moquerie l’amnésique qui ne le remarquait même pas, et qui avait l’air de fouiller dans les tiroirs.

« Franchement, je l’aimais pas ce type. Fit-il en direction d’Edana, toujours assis sur le canapé. Alors bien sûr tu pourras toujours me dire que d’une certaine façon, il était moi, et tu auras raison. Mais il était sensé être mort depuis plus de quinze ans. J’avais repris sa place quoi. »

Grimaça-t-il. Oui, ils étaient bien la même personne, tout en étant si différents qu’il était impossible de les imaginer cohabiter. Du moins, jusqu’à maintenant. Pas besoin d’en parler, c’était évident. L’apparition, qu’importe sa nature, leva les yeux au ciel, excédé.

« Oh évidemment, cet imbécile est resté beaucoup trop longtemps et a fait trop de dégâts pour tout effacer d’un coup. Termina-t-il d’un air réprobateur, avant de replanter ses yeux directement dans ceux d’Edana. Mais on verra ça plus tard. Parce pour tout te dire mon cœur, faut absolument que je te dégage de là. Son sourire, ironique et inquiétant, s’agrandit un peu plus. Je crois que tu vas pas tarder à me flinguer le cerveau. »


***

À peine eut-il fini sa phrase que tout fut balayé, que ce soit les souvenirs ou la présence étrangère dans le crâne de Lyle, à l’initiative de ce qui avait toujours été suffisamment fort pour qu’il continue de supporter malgré les coups. Son corps se réveilla brutalement, dans un sursaut. L’étudiant prit une profonde respiration, comme si on lui avait maintenu la tête sous l’eau pendant de longues minutes. Il eut tout juste le temps de prendre conscience qu’il saignait abondement du nez et de regarder Edana, avant de perdre connaissance.


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Je n’ai jamais été fidèle Et je n’ai jamais été quelqu’un de confiance Limite schizophrène Et fouteur de merde indiscutable Je n’ai jamais été loyal Si ce n’est à mon propre plaisir Je suis un marginal à jamais Le résultat d’un foyer brisé Je n’ai jamais été fidèle Et je n’ai jamais été quelqu’un de confiance Limite maniaco-dépressif Toujours à te casser les couilles Je n’ai jamais été reconnaissant C’est pourquoi je passe mes journées seul Je suis un marginal à jamais Le produit d’un foyer brisé

Traduction Black-Eyed - Placebo
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Sleeping with ghosts [Edana]

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